Né le 7 octobre 1914 à Béziers (Hérault), fusillé le 20 août 1944 au Fort de Romainville (Seine Saint-Denis) ; imprimeur, résistant FFI de Seine-et-Marne.

Fils d’Henri Pierre Carayon, employé de commerce et de Henriette Augustine Vernet, modiste, Pierre Carayon avait été adopté par la Nation en février 1921, son père, sergent, ayant été tué pendant la Première guerre mondiale, en juillet 1915. Il fut réformé du service militaire, sans doute en raison de son statut de pupille.
Imprimeur, Pierre Carayon travaillait à l’imprimerie Bedos, à Paris (XVe arr.) et habitait 101 rue du Quai de Javel. Il avait épousé Ida Blumenfeld le 26 juin 1937 à Paris (XXe arr.) dont il avait eu deux enfants Gérard (né en 1943) et Jacqueline (née en 1944) qui vécurent à Meknès (Maroc) après guerre.
Son dossier au SHD indique « évadé d’Allemagne » mais nous ne connaissons ni la date, ni les conditions, et « n’a jamais été appelé dans l’armée d’active »selon le maire de Pontaut-Combault.
Réfractaire au STO, il entra dans les FFI en 1944, sous les ordres du chef de groupe lieutenant Pierre à Pontault-Combault (Seine-et-Marne), où il était domicilié rue de Chennevières-sur-Marne. Il a été fait prisonnier avec des résistants de son groupe au cours d’une reconnaissance au passage à niveau de Champigny -sur-Marne (Seine, Val-de-Marne), le 19 août 1944.
Pierre Carayon a été fusillé le lendemain au Fort de Romainville avec les dix victimes de la répression arrêtées à Champigny dont son beau-frère Alphonse Mazzurana.
Reconnu « Mort pour la France », mention dressée le 27 août 1944 puis transcrite le 23 juin 1945 en mairie de Paris XVe , il a été homologué à titre posthume sergent chef FFI le 12 octobre 1945 (prise de rang le 1er juin 1944).
Son nom est gravé à Pontault-Combault sur la plaque commémorative aux cinq résistants exécutés le 20 août 1944 à Romainville. Norbert Deschaintres, Isidore Harris, Alphonse Mazzurana, Pierre Mongiat.
Il est également écrit sur le livre Les oubliés de Romainville aux côtés des dix prisonniers exécutés le même jour par des « Géorgiens », Osttruppen, troupes auxiliaires de la Wehrmacht commandés par le général Vlassov, alors que la garnison allemande avait quitté la veille le fort de Romainville.
Ce sont les dernières victimes de l’Occupation du Fort de Romainville ; le lendemain les résistants des Lilas découvrirent les corps, les photographies des suppliciés publiées dans la presse redevenue libre provoquèrent une forte émotion. Les équipes du Comité de libération du cinéma français (CLCF) filmèrent le 21 août, les images projetées dans les salles parisiennes quelques semaines plus tard marquèrent fortement les esprits.
Sources

SOURCES : SHD GR 16 P 105850. — AVCC Caen 21 P 38179 . — Paul Chauvet. La Résistance chez les fils de Gutenberg pendant la seconde guerre mondiale. Paris : à compte d’auteur, p. 47. —Thomas Fontaine, Les oubliés de Romainville, Un camp allemand en France (1940-1944) ,p. 131-132, Tallandier, 2005 . — MémorialGenweb . — État civil en ligne cote 3 E 32/397, vue 178.

Marie-Cécile Bouju, Annie Pennetier

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