Le 2 avril 1944, dimanche des Rameaux, six résistants furent exécutés sommairement à la prison de Tulle (Corrèze) en représailles à une embuscade de la Résistance qui avait coûté la vie à un officier allemand. .

Stèle commémorative
Crédit : MémorialGenWeb
Au début du mois d’avril 1944, la répression s’intensifia en Corrèze. La division Brehmer, épaulée par la Brigade Nord-africaine, progressant d’ouest en est, poursuivit en Corrèze puis en Haute-Vienne son opération de ratissage des résistants et des Juifs commencée en Dordogne le 26 mars. Simultanément, des troupes composées notamment de supplétifs d’origine soviétique traquaient les maquisards dans la région de Brive. Enfin, la Milice et les autres forces du maintien de l’ordre de Vichy épaulaient efficacement l’armée d’occupation.
C’est dans ce contexte qu’à Cornil (Corrèze), le 1er avril, se produisit un accrochage qui fut suivi de représailles. Un convoi allemand dans lequel se trouvait August Meier, Kommandeur de la Sipo-SD de Limoges, tomba dans une embuscade dressée par un détachement FTP sur la RN 89 à la hauteur de Cornil. Le SS-Obersturmführer (lieutenant) Karl Keller fut tué au cours de l’accrochage. Les maquisards se replièrent, mais laissèrent sur place un blessé, Martial Raphel, capturé et conduit à Tulle.
Dix otages furent pris à Cornil et quarante à Tulle. Le préfet Pierre Troullié parvint à dissuader August Meier de les faire exécuter, mais six résistants – dont le maquisard capturé à Cornil – furent passés par les armes dans la cour de la prison de Tulle.


Liste des victimes
BORELY Pierre, Auguste, Cécilien, 43 ans
BOURG Henri, 21 ans
FARRO Raymond, Raoul, Isaac, 35 ans
FREDON Jean, 33 ans
LAGRAFEUILLE Maurice, 24 ans
RAPHEL Martial, Marcel, 22 ans
Une stèle fut élevée à leur mémoire, dans la rue des Prisons, non loin de la place de la Bride, devant la façade de l’école Turgot (bâtie à l’emplacement de l’ancienne prison). Inaugurée le 12 mai 1946, elle porte – avec les noms des victimes, - l’inscription : « Ces résistants furent fusillés par la Gestapo et la Milice en ce lieu qui était alors la cour d’une prison. Souvenez-vous. »
Sources

SOURCES : Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer, La traque des résistants et des juifs en Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne (mars-avril 1944), Périgueux, Éditions La Lauze, 2004, p. 301-303, 406. — MémorialGenWeb.

Dominique Tantin

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