Né le 22 août 1907 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 18 avril 1948 à Marseille (Bouches-du- ;Rhône) ; maçon ; militant communiste des Bouches-du-Rhône ; cadre des Francs-Tireurs et partisans (FTP), fusillé mais « miraculé ».

Fils de Jean-Baptiste Crespo, maçon, mort gazé pendant la Première Guerre mondiale, Jean-Baptiste Crespo fit son apprentissage de maçonnerie après avoir obtenu son certificat d’études primaires. Par la suite, il s’installa artisan maçon. Habitant le vallon Montebello, marié avec Hélène Buossante, blanchisseuse, il devint père de deux enfants.
Crespo adhéra à la CGT en 1925 et au Parti communiste (cellule du quartier Vauban) en 1932. Il milita activement et assura les travaux pour la création la Maison du Peuple du quartier de Vauban en 1938. Il occupa des fonctions avant 1939.
Participant à la reconstitution du parti clandestin, il fut arrêté le 29 juillet 1941 avec vingt-deux autres militants par l’équipe, très bien informée, du commissaire Rispoli. Passé à tabac, emprisonné aux Présentines, puis, le 1er octobre, au Bas-Fort Saint-Nicolas, il fut acquitté le 28 novembre par le tribunal militaire de la XVe Région comme plusieurs de ses camarades dont Francis Davso* et Antoine Giannoni. Mais, comme eux et avec eux, il fut conduit le 18 décembre 1941 à l’hôtel de police (l’Évêché), puis sur le bateau Providence, dans l’attente d’un arrêté d’internement qui fut signé le 20 décembre. Il fut embarqué gare Saint-Charles pour le camp d’internement de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn) où le groupe arriva le 20. Dans le camp, les communistes étaient “ organisés ”. Giannoni se souvenait que Crespo et d’autres dérobèrent un mât que Crespo débita à la scie pour faire du feu. Alors que Davso avait pu s’évader lors d’un transfert vers Bayonne en mars 1943, Crespo et Giannoni firent partie du groupe de 54 internés qui put sortir du camp dans la nuit du 11 juillet 1943 grâce au tunnel de 15 mètres qui avait été creusé à partir d’une baraque.
Crespo rejoignit Marseille avant d’être versé aux FTP. Avec le pseudonyme Denis, il fut nommé responsable militaire départemental FTP (commissaire aux opérations régional) dans le Var à l’automne 1943 en remplacement d’Henri Faurite*, monté à l’interrégion. Il y resta jusqu’en janvier 1944. Il fut alors muté à Lyon avec des responsabilités interrégionales pour huit départements. Il fut arrêté dans la deuxième quinzaine de mai 1944 après la chute de l’état-major interrégional et de zone FTP. Incarcéré à Montluc, torturé, il fit partie de la fournée de trente-deux résistants que les Allemands conduisirent le 16 juin 1944 à Saint-Didier-de-Formans (Ain). Fusillés ses camarades, Crespo, laissé pour mort, en réchappa seul. Parmi les victimes, figuraient son camarade Francis Davso* et l’historien Marc Bloch. Crespo fut intégré dans l’armée régulière à la Libération avec le grade de capitaine. Il restait paralysé du bras droit et on le surnommait le « ressuscité » ou « le miraculé de Saint-Didier ». On lui attribua la Croix de guerre avec palmes, la médaille de la Résistance et la Légion d’honneur. Il mourut le 18 avril 1948 des suites des blessures reçues lors de sa fusillade. Il fut fait commandant à titre posthume.
Son nom fut donné à la cellule du quartier Vauban.
Sources

SOURCES : Arch. dép. des Bouches-du-Rhône, 76 W 157, 5 W 177 (dossier d’internement), 44 J fonds Paul Guiraud, chronologie de la Résistance. — Arch. Tasca, Fondation Feltrinelli (D. Peschanski). — Rouge-Midi, 28 octobre 1944 (article du militant) et 31 octobre 1944 (article sur le militant et photo) . — Renseignements communiqués par Georges Righetti, directeur général de La Marseillaise, et par Denis Bizot. —Témoignages Antoine Giannoni et Henri Faurite.

Antoine Olivesi, Jean-Marie Guillon

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