Né le 2 juillet 1898 à Lyon 2ème arr. (Rhône), sommairement exécuté le 25 mai 1944 à Reventin-Vaugris (Isère) ; électricien auto, garagiste, sous-directeur d’usine ; Membre de France au Combat et du réseau Brutus ; homologué Forces françaises combattantes et Forces françaises de l’Intérieur, avec le grade de lieutenant ; homologué D.I.R.

De confession juive, Jacob, René Amoyel était le fils d’Aaron, photographe, résidant place d’Ainay à Lyon 2ème arr. (Rhône), et de Sophie, Caecilia Israël.
La famille déménagea et s’installa à Avignon (Vaucluse).
En 1915, à dix-sept ans, René Amoyel s’engagea pour la durée de la guerre et il appartint à différents régiments d’artillerie.
Le 2 juillet 1936, il fut décoré de la Croix du combattant volontaire.
Il suivit une formation d’électricien mécanicien puis se spécialisa dans l’automobile.
Il épousa Jeanne, Joséphine Hecker le 21 avril 1925 à Saint-Etienne (Loire).
Ils n’eurent pas d’enfants.
Ils s’installèrent à Montpellier (Hérault).
René Amoyel créa un garage, la société « Electric auto », dont les locaux se trouvaient avenue Georges Clemenceau.
Franc-maçon, il était frère de la loge Fidélité, Travail à l’Orient de Montpellier.
Rappelé sous les drapeaux en 1939, il effectua la « drôle de guerre » dans une batterie anti-aérienne.
Après l’armistice, il reprit ses activités mais fut frappé par l’aryanisation des biens juifs.
Il obtint alors un poste de sous-directeur aux « Forges et Ateliers de Lyon », 19 rue Jean Bourget à Villeurbanne (Rhône) qui fabriquaient des automobiles électriques de la marque S.T.E.L.A., et prit un logement à Caluire-et-Cuire (Rhône), 10 chemin des Genêts.
Il rejoignit très vite les rangs de l’organisation « France au combat » et fit partie à partir de juin 1942, du groupe « Froment », puis au sein de celui-ci, du groupe « action » appelé groupe « Veny » du pseudonyme de son chef, le général Vincent, ce, dans le cadre du réseau Brutus, avec son patron et ami Alexandre Bacaleinic.
Il fut nommé responsable d’une section, chargé du recrutement et de la diffusion de la propagande.
Il transporta et cacha également des armes et confectionna des faux-papiers.
Il cacha des juifs et des réfractaires au STO, leur donnant un emploi dans l’usine.
Il installa un poste émetteur à son domicile et envoya et reçut des messages sous le contrôle d’un capitaine anglais (Pseudonyme : Judith).
Menacé par la Gestapo, il se réfugia à Saugues (Haute-Loire) où il aida financièrement les maquisards, en hébergeant tout un groupe.
Devant trouver des subsides, il se rendit à Lyon où il fut arrêté le 24 mai 1944 dans l’après-midi sur dénonciation du milicien Allain, un ex-ouvrier de l’entreprise F.A.L.-S.T.E.L.A., alors qu’il se rendait à la gare de Perrache. Dépouillé de l’importante somme d’argent qu’il transportait (400 000 francs), il fut conduit dans les locaux de la Gestapo à l’école de santé militaire où il fut torturé, mais ne donna aucun renseignement.
Le 25 mai, vers 7h30, une conduite intérieure Traction avant noire, venant du nord par la route nationale n°7, entra dans le village de Vaugris (Commune de Reventin-Vaugris, Isère) et prit le chemin qui longe le ruisseau « le Gerbolle ».
Environ 10 minutes plus tard, le véhicule repassa dans l’autre sens.
Vers 8h15, deux cadavres furent découverts au bord du Gerbolle à un kilomètre environ de la route nationale par des hommes qui se rendaient dans les bois.
Se portant sur les lieux, les gendarmes découvrirent 10 douilles de revolver Colt de deux marques différentes.
Les victimes furent photographiées et les détails pouvant permettre leur identification furent relevés.
La première, âgée d’une quarantaine d’années, portait des vêtements de bonne facture, une chemise, des mouchoirs et un chapeau avec les initiales R.A. et une alliance gravée « F.H. à R.A. 21-04-1925 ».
Le rapport d’enquête du commissaire de police de sûreté Chardon en résidence à Lyon daté du 13 juin 1944 indique : « Le cadavre portant le n° 1… a été identifié. Il s’agit du nommé Amoyel René Jacob… Juif de nationalité française… »
La seconde victime ne fut jamais identifiée.
René Amoyel fut homologué membre des Forces françaises combattantes comme agent P2, chargé de mission de 2ème classe du 1er septembre 1942 au 25 mai 1944 et membre des Forces françaises de l’Intérieur du 1er janvier 1943 au 25 mai 1944, avec le grade posthume de lieutenant.
Il obtint le titre d’Interné Résistant et la mention « Mort pour la France ».
Son nom figure sur le monument aux résistants et maquisards et soldats de l’enclave Rhône-Loire, 3ème secteur, 4ème sous-secteur, Morts pour la France, érigé à Longuessaigne (Rhône) et sur le mémorial du Grand Orient de France, 16 rue Cadet Paris IXème.
Sources

Sources : Arch. dép. Rhône, Mémorial de l’Oppression : 3808W585 — Arch. dép. Vaucluse, Registre matricule militaire : R 1343 — SHD Vincennes GR16P11711 — AVCC Caen 21P69760 — Etat civil — Mémorial GenWeb

Jean-Luc Marquer

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