Né le 8 novembre 1908 à Marseille (Bouches-du-Rhône), tué au combat le 16 juin 1944 à Saint-Antonin-sur-Bayon (Bouches-du-Rhône) ; typographe ; militant du Syndicat du Livre ; militant communiste ; résistant FTPF et maquisard.

Jean De Bernardy
Plaque apposée dans le hall d’entrée du quotidien La Marseillaise
Cliché Robert Mencherini
Son père, Marius, comptable, et sa mère, Marie, Mélanie, née également De Bernardy, sans profession, habitaient 105 chemin des Chartreux en 1908.
Jean De Bernardy apprit le métier de typographe qu’il exerça à Marseille soit dans des imprimeries, soit dans des journaux comme Le Sémaphore ou Le Petit Marseillais. Peut-être fut-il aussi journaliste si l’on se réfère à sa profession déclarée sur les listes électorales de 1937. Marié le 27 mars 1935 avec Georgette Maunier dont il eut deux enfants, Christiane et Charle, il résidait alors 5 rue Bénédit, près de la Belle-de-Mai.
Trésorier du Syndicat du Livre à Marseille, avant la guerre, il était aussi « ardent militant du Parti communiste » (Rouge-Midi, 25 août 1944). Très « bagarreur » (ibid), il défendait avec acharnement les droits des travailleurs, ce qui lui valut d’être chassé par ses patrons du journal où il travaillait (peut-être Le Petit Marseillais ?) et de ne pouvoir exercer son métier pendant des années (ibid).
En 1939, De Bernardy était employé à l’imprimerie Mancini, 62 rue Sainte. Le 26 septembre, il fut inculpé pour propagande en faveur de l’Internationale communiste. Arrêté le 19 octobre 1940, il bénéficia d’un non-lieu en mars 1941 et fut relâché ; il fit l’objet d’une seconde arrestation, après dénonciation, le 23 juillet 1943, pour diffusion de tracts. De Bernardy avait été l’un des créateurs de l’équipe clandestine de Rouge-Midi. Torturé et interné au camp de Saint-Sulpice (Tarn), il put s’en évader et regagner la région marseillaise où il reprit ses activités. En avril 1944 il travaillait également à la rédaction du journal clandestin du Front National, La Marseillaise, avec la complicité de typographes utilisant les caractères d’imprimerie du Petit Marseillais.
De Bernardy participa aussi à la lutte armée et rejoignit le maquis FTPF de Saint-Antonin-sur-Bayon, petite localité des Bouches-du-Rhône, située au pied du massif de Sainte-Victoire. C’est là qu’il fut tué au combat, le 16 juin 1944 - et non à Saint-Antoine, comme il est imprimé, par erreur, dans Libération de Marseille, (p. 194), avec une erreur sur l’âge du militant, également - lors de l’attaque des Allemands contre ce maquis après le débarquement en Normandie.
Le corps de Jean De Bernardy fut provisoirement inhumé dans le cimetière de Saint-Antonin-sur Bayon. Le 25 novembre 1945, il fut transféré à Marseille dans une chapelle ardente organisée dans la salle des dépêches de La Marseillaise (aujourd’hui, cours d’Estienne d’Orves). Les obsèques solennelles de Jean De Bernardy eurent lieu le lendemain, au cimetière Saint-Pierre de Marseille, en présence de nombreuses personnalités, représentants des associations, partis et syndicats.
Dans l’article nécrologique, cité plus haut, l’auteur regrette que Jean De Bernardy n’ait pu assister à l’occupation de l’imprimerie du Petit Marseillais par les communistes et indique qu’après sa mort, sa famille se trouvait dans une situation précaire.
Jean De Bernardy obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué sous-lieutenant. A Marseille, son nom fut donné à la rue Thomas. Il est gravé sur le mémorial érigé à Saint-Antonin-sur-Bayon, où, tous les ans, une cérémonie commémore le massacre du 16 juin 1944. Il figure également, à Aix, sur le mémorial de la place des Martyrs de la Résistance, « La ville d’Aix-en-Provence à ses morts déportés et fusillés », et sur le monument « Aux Héros de la Résistance - aux Martyrs de la Libération » du cimetière Saint-Pierre. Une plaque « Le Front national et La Marseillaise aux camarades tombés pour la Libération de Marseille et pour la France », apposée dans le hall d’entrée du quotidien La Marseillaise , à Marseille, associe Jean De Bernardy, Mala Kriegel* et Léon Paranque.
Voir Saint-Antonin-sur-Bayon, lieu d’exécutions
Sources

SOURCES : AVCC Caen 21P 20947. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M6/11156 A, M6/11248 bis (anciennes cotes). — Arch. Dep. Bouches-du-Rhône, 76W129, rapport du commandant de la section de gendarmerie d’Aix sur une opération de nettoyage entreprise par les troupes allemandes contre les groupes de résistants de la région de Saint-Antonin, 17 juin 1944. — Arch. Mun. Saint-Antonin-sur-Bayon, dossier concernant les FFI morts pour la France, décès 1944. — Arch. Mun. Aix-en-Provence, 6H57, 6H58, 6H61. — Arch. Mun. Marseille, listes électorales de 1937. — Arch. ANACR Aix-en-Provence. — Entretiens avec Christiane De Bernardy, André Claverie et Raymond Camus. — Rouge-Midi, 25 août 1944. — La Marseillaise, 11 novembre 1944, 26 juin 1945, 27 novembre 1945 — Midi-Soir, lundi 25 juin 1945 — Jean-Maurice Claverie, La Résistance, notre combat, Histoire des FTPF du pays d’Aix, Beaurecueil, Ed Au seuil de la vie, 1991. — Robert Mencherini, Résistance et Occupation, 1940-1944, Midi rouge, Ombres et lumières. Histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône, 1930 - 1950, tome 3, Paris, Syllepse, 2011. — Jean-Claude Pouzet, La Résistance mosaïque, Marseille, Jeanne Laffitte, 1990. — Renseignements communiqués par Marcel Bernard et par Honoré Ruzzettu, ancien secrétaire du syndicat du Livre des Bouches-du-Rhône (CGT). — État-civil.

Iconographie
ICONOGRAPHIE : Une photo agrandie de Jean De Bernardy est apposée sur un mur du local du Syndicat des typographes et des linotypistes, rue Fortia, à Marseille.

Antoine Olivesi Robert Mencherini

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