Né le 8 novembre 1908 à Marseille (Bouches-du-Rhône), tué au combat le 16 juin 1944 à Saint-Antonin-sur-Bayon (Bouches-du-Rhône) ; typographe ; militant du Syndicat du Livre ; militant communiste ; résistant.

Jean De Bernardy
Son père, Marius, comptable, et sa mère, Marie, Mélanie, née également De Bernardy, sans profession, habitaient 105 chemin des Chartreux en 1908.
Jean De Bernardy apprit le métier de typographe qu’il exerça à Marseille soit dans des imprimeries, soit dans des journaux comme Le Sémaphore ou Le Petit Marseillais. Peut-être fut-il aussi journaliste si l’on se réfère à sa profession déclarée sur les listes électorales de 1937. Il résidait alors 5 rue Bénédit, près de la Belle-de-Mai, et était marié depuis deux ans.
Trésorier du Syndicat du Livre à Marseille, avant la guerre, il était aussi « ardent militant du Parti communiste » (Rouge-Midi, 25 août 1944). Très « bagarreur » (ibid), il défendait avec acharnement les droits des travailleurs, ce qui lui valut d’être chassé par ses patrons du journal où il travaillait (peut-être Le Petit Marseillais ?) et de ne pouvoir exercer son métier pendant des années (ibid).
En 1939, De Bernardy était employé à l’imprimerie Mancini, 62 rue Sainte. Le 26 septembre, il fut inculpé pour propagande en faveur de l’Internationale communiste. Arrêté le 19 octobre 1940, il bénéficia d’un non-lieu en mars 1941 et fut relâché ; il fit l’objet d’une seconde arrestation, après dénonciation, le 23 juillet 1943, pour diffusion de tracts. De Bernardy avait été l’un des créateurs de l’équipe clandestine de Rouge-Midi. Torturé et interné au camp de Saint-Sulpice, il put s’en évader et regagner la région marseillaise où il reprit ses activités. En avril 1944 il travaillait également à la rédaction du journal clandestin du Front National, La Marseillaise, avec la complicité de typographes utilisant les caractères d’imprimerie du Petit Marseillais.
Mais De Bernardy participait aussi à la lutte armée des FTPF et appartenait au maquis de Saint-Antonin-sur-Bayon, petite localité des Bouches-du-Rhône, située au pied du massif de Sainte-Victoire. C’est là qu’il fut tué au combat, le 16 juin 1944 - et non à Saint-Antoine, comme il est imprimé, par erreur, dans Libération de Marseille, (p. 194), avec une erreur sur l’âge du militant, également - lors des actions déclenchées contre les Allemands après le débarquement en Normandie.
Dans l’article nécrologique, cité plus haut, l’auteur regrette que Jean De Bernardy n’ait pu assister à l’occupation de l’imprimerie du Petit Marseillais par les communistes et indique qu’après sa mort, sa famille se trouvait dans une situation précaire.
L’ancienne rue Thomas à Marseille porte aujourd’hui, le nom de rue Jean De Bernardy.
Il s’est marié le 27 mars 1935 avec Georgette Maunier. Le couple eut deux enfants, Christiane et Charles.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M6/11156 A, M6/11248 bis. — Arch. Com. Marseille, listes électorales de 1937. — Rouge-Midi, 25 août 1944. — Renseignements communiqués par le service de l’état civil de Marseille, par Marcel Bernard et par Honoré Ruzzettu, ancien secrétaire du syndicat du Livre des Bouches-du-Rhône (CGT).

Iconographie
ICONOGRAPHIE : Une photo agrandie de Jean De Bernardy est apposée sur un mur du local du Syndicat des typographes et des linotypistes, rue Fortia, à Marseille.

Antoine Olivesi

Version imprimable de cet article Version imprimable