Née le 19 septembre 1930 à Limoges (Haute-Vienne), massacrée le 10 juin 1940 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; écolière ; victime civile.

Les informations sur cette victime sont très lacunaires et l’on en est réduit à des conjectures dans l’attente de la découverte de sources complémentaires. Son corps n’ayant pas été identifié, il n’a pu être dressé d’acte de décès. Elle est considérée disparue par jugement du Tribunal de Rochechouart. La consultation des tables décennales nous a permis d’établir qu’elle est née à Limoges. Quant à son ascendance, dans l’attente de la communication de son acte de naissance, l’on peut émettre l’hypothèse qu’elle était la fille (ou une nièce) de Martial Maurice Picat*, né à Limoges le 4 juin 1883 et de son épouse Léonie Marthe Vergnaud*, mariés à Oradour, le 8 juin 1909. Au recensement de 1936, le couple était domicilié au bourg avec une domestique Marie Vergnaud, mais exploitait une ferme hors du bourg, la ferme de Lauze. Toutefois, Germaine Picat ne fut pas recensée avec eux. Sur la liste des victimes, il est indiqué qu’elle était domiciliée à Orbagnac, mais elle n’y fut pas recensée en 1936.
Germaine Picat, âgée de moins de 14 ans, fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich le 10 juin 1944. Si elle n’a pas été brûlée dans l’église avec l’ensemble des femmes et des enfants, elle pourrait avoir péri avec ses parents (si notre hypothèse se vérifie) et leur employée de maison dans leur ferme de Lauze. En effet pendant que dans les hommes du bourg étaient massacrés dans des granges et les femmes et les enfants dans l’église, des détachements de S.S. parcouraient le village et ses alentours, exécutant les civils rencontrés. Un puits renfermant plusieurs corps fut découvert après leur départ dans la ferme de Lauze, exploitée par Martial Picat. N’ayant pu être identifiés, l’hypothèse fut faite qu’il s’agissait de Martial Picat, de son épouse et de leur domestique, et – peut-être – de leur fille ou nièce.
Elle obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945. Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944.


Voir Oradour-sur-Glane
Sources

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — Tables décennales de Limoges en ligne (Arch. Dép. Haute-Vienne). — MémorialGenWeb. — Geneanet.

Dominique Tantin

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