Né le 23 mars 1909 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), exécuté sommairement par la milice le 15 avril 1944 à Sonthonnax-la-Montagne (Ain) ; hôtelier-restaurateur ; résistant des Forces françaises combattantes (FFC), des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Roger Bailland était le fils de Constant Eugène Arsène et de Eugénie Marie Constance Vevlio. Il était marié avec Odette Ernestine Sigod, dont il eut un enfant né en 1940. Il était domicilié à Matafelon (Ain) et exerçait le métier de restaurateur.
Il entra au chemin de fer en 1937 comme facteur aux écritures en gare de Dijon-Ville et fut nommé expéditionnaire au bureau comptable du dépôt de Dijon-Perrigny le 15 février 1941. Le 20 mars 1942, il fut mis en disponibilité pour raisons de santé et retira à Matafelon (Ain) où il devint restaurateur-hôtelier avec son épouse. Le couple s’engagea dans la Résistance locale et participa à l’installation d’un maquis accueillant des résistants et réfractaires au STO tout en assurant le ravitaillement. Celui-ci arrivait dans son restaurant par camion depuis Bourg et acheminé ensuite à pied jusqu’à la grotte de Chougeat où le maquis était installé. Il prit également en charge un aviateur canadien dont l’avion avait été abattu en Bresse. Avec sa femme, il assurait également le service postal et la transmission du courrier. Le 12 avril 1944 à deux heures du matin, à la tête d’une équipe du maquis de Chougeat et de résistants de Bourg, il réceptionna un parachutage d’armes sur un terrain proche du camp du maquis. Dénoncé à la Sipo-SD, il fut arrêté à son domicile le 15 avril puis emmené à la ferme de Revers à quelques centaines de mètres et abattu d’une balle dans la nuque par la Milice à 17 heures au lieu-dit "chemin de Revers", à Sonthonnax-la-Montagne. La maison familiale fut incendiée par les Allemands qui continuant leur chemin massacrèrent la famille de Victor Jouvray à la ferme de Vernon qu’ils incendièrent également.
L’acte de décès de Roger Bailland fut dressé le 18 avril 1944 sur la déclaration de Alfred Marius Auguste Lattard, âgé de 65 ans, cultivateur à Sonthonnax.
Il obtint la mention « Mort pour la France » portée sur l’acte de décès et fut homologué au grade de capitaine des Forces françaises combattantes (FFC), des Forces françaises de l’intérieur (FFI) et au titre de "Déporté et interné résistant" (DIR).
Il fut décoré de la Croix de guerre avec étoile de vermeil et obtint une Citation à l’ordre de la division à titre posthume le 20 mars 1946 par le général Koenig ainsi qu’une Citation à l’ordre de la SNCF le 1er juillet 1947.
Son nom figure sur la stèle commémorative 1939-1945, à Sonthonnax-la-Montagne et sur le monument aux morts, à Matafelon (Ain).
Sources

SOURCES : Hervé Barthélémy et Cédric Neveu dans Cheminots victimes de la répression 1940-1945 Mémorial, sous la direction de Thomas Fontaine, éd. Perrin/SNCF, Paris 2017.— Rail et Mémoire.— Mémorial Genweb.— État civil (acte de décès).

Jean-Louis Ponnavoy

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