Né le 27 août 1927 à Mesnil-Thomas (Eure-et-Loir), fusillé sommairement par les Allemands le 14 août 1944 en forêt de Senonches (Eure-et-Loir) ; ouvrier agricole.

Lucien Nion était né au Mesnil-Thomas (Eure-et-Loir). En 1944, il était domicilié chez ses parents à Belhomert (Eure-et-Loir), une petite commune du Perche, à une dizaine de kilomètres au sud du Mesnil-Thomas, entouré d’une fratrie de neuf enfants dont cinq avaient moins de quatorze ans. Comme son père, Henri Nion, Lucien Nion était ouvrier agricole.
Lucien Nion a été arrêté avec son père Henri, le lundi 14 août 1944 au cours de la libération du département d’Eure-et-Loir ; il n’avait pas encore dix-sept ans. Dans sa rubrique « Les atrocités allemandes en Eure-et-Loir », ouverte après la libération du département, L’Écho républicain de la Beauce et du Perche du samedi 23 septembre 1944 rapporte : « À Belhomert, avant de fuir, les Boches ont tué un ouvrier agricole, père de famille nombreuse, et l’un de ses fils ». Des soldats allemands en déroute, que l’article désigne comme « [appartenant] à un bataillon de SS », cantonnant au lieu-dit « Les Quatre-Routes », sur la commune de Belhomert, arrêtèrent Lucien Nion et son père à 9h du matin, au motif qu’ils « auraient pris des armes abandonnées par des troupes allemandes en retraite et les auraient cachées ». Du moins est-ce ce que les Allemands rapportèrent au maire de la commune pour justifier de leur arrestation, accusant le père et le fils d’être des « terroristes ». Ils les conduisirent alors à leur cantonnement au lieu-dit « Les Quatre-Routes ». La dernière fois que Lucien Nion et son père furent aperçus, ce lundi 14 août 1944, ils montaient vers la forêt de Senonches encadrés de soldats en armes.
Il n’y eut aucun témoin de leur exécution, si bien que la date de la mort de Lucien Nion est supposée être celle du jour de son arrestation. Le lendemain, mardi 15 août 1944, Belhomert était libérée par les troupes américaines. Les cadavres mutilés de Lucien Nion et de son père ne furent découverts dans la forêt de Senonches que trois jours plus tard, le vendredi 18 août 1944, par une patrouille de soldats américains : le jeune Lucien Nion, qui n’avait pas dix-sept ans, avait été étranglé et achevé par les balles allemandes tandis que son père avait été fusillé. Les corps des deux victimes gisaient l’un à côté de l’autre. L’Écho républicain de la Beauce et du Perche rapporte que les deux victimes furent inhumées deux jours plus tard le dimanche 20 août 1944 dans le cimetière de Belhomert « au cours d’une cérémonie simple, mais émouvante (…) en présence d’une foule nombreuse ».
Le nom de Lucien Nion est inscrit sur le Monument aux Morts de la commune de Belhomert.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Eure-et-Loir, 18 W 101, 20 W 282 — L’Écho républicain de la Beauce et du Perche, du samedi 23 septembre 1944. — Mémorial GenWeb (consulté le 13.08.19)

Christophe Lézenven

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