Né le 9 octobre 1916 à Bergerac (Dordogne), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; minerviste-typographe ; militant communiste d’Indre-et-Loire ; élève de l’École léniniste internationale de Moscou 1935-1937 ; membre du triangle de direction nationale des Jeunesses communistes dans la clandestinité.

Fils d’un sympathisant communiste, René Despouy, après l’obtention du certificat d’études primaires, devint apprenti dans l’imprimerie en 1929 puis membre actif du syndicat du Livre CGTU. En septembre 1929, il donna son adhésion aux Jeunesses communistes d’Indre-et-Loire dont il devint un dirigeant. Il rejoignit le Parti communiste le 1er mai 1935.
De septembre 1935 au 15 janvier 1937, René Despouy suivit l’École de l’Internationale communiste des Jeunes à Moscou sous le nom de Léo Papin. Il fut évalué de la manière suivante : « académique bon ; politique bon ; social assez bon ; liaison masse : bonne. Défaut : impulsif ».
Revenu à Tours, il fut le secrétaire départemental des JC de janvier à octobre 1937. Il fit ensuite son service militaire à Nancy mais la guerre fut déclarée avant qu’il soit démobilisé. Il se battit successivement sur les fronts de la Sarre puis de la Loire. Fait prisonnier à Châteauroux, il s’évada et, à son retour, après sa démobilisation en septembre 1940, organisa clandestinement la Jeunesse communiste.
En avril 1941, il fut appelé à la direction nationale de la Jeunesse communiste avec Camille Baynac et Jean Compagnon*. Toute cette direction fut arrêtée le 17 juin 1942 dans le cadre de l’affaire Tintelin. La police trouva chez lui, 14 rue Oberkampf, des documents sur l’organisation communiste. René Despouy a été fusillé le 11 août 1942 en compagnie de nombreux autres otages. Une photographie de police le présentait avec un long visage, élégant, yeux bleus.
René Despouy, qui avait été également un sportif très actif (football et athlétisme) à « l’Églantine » de Saint-Pierre-des-Corps (FSGT), avait publié divers articles dans La Voix du peuple d’Indre-et-Loire et L’Avant-Garde.
Il avait épousé à Tours, en décembre 1939, Lucienne Leroux, née à Paris (XVIIe arr.) le 24 juillet 1917, comptable, qui fut avant guerre membre de l’Union des jeunes filles de France. Elle fut arrêtée, elle aussi, le 18 juin 1942, elle était alors sans emploi. Internée au fort de Romainville, elle fut libérée le 3 septembre 1942.
Lucienne Despouy témoigna sur procès-verbal le 2 décembre 1944 ; détenue plusieurs jours au Dépôt en même temps que son mari, il lui fit parvenir des mots sur les interrogatoires qu’il subissait. Il fut « torturé » déclara-t-elle : « J’ai aperçu mon mari au Dépôt, il se tenait voûté et il semblait souffrir. » Elle signala qu’à son retour à son domicile elle constata la disparition de denrées alimentaires, de vêtements, d’une paire de chaussures neuves, de flacons d’eau de Cologne et de parfum...
Elle déposa plainte contre les inspecteurs qui arrêtèrent son mari et le commissaire de la BS1 Fernand David, responsable des tortures infligées à son mari.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII 3. – RGASPI, Moscou, 495 270 1732 ; 531 176. – Arch. PPo. Dossier RG ; BS1 GB36 ; 77W 942 (Notes Daniel Grason). – Site du ministère de la Défense, SGA, fusillés du Mont-Valérien 1939-1945. – Témoignages de Robert Guérineau et de Lucienne Despouy sa veuve, recueillis par Paul Delanoue. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Notes Jean-Pierre Besse.

Paul Delanoue, Claude Pennetier

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