Né le 27 juillet 1924 à Varsovie (Pologne), fusillé le 22 août 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; apprenti mécanicien ; résistant FTP-MOI de Paris.

Maurice Feld
Fils de David Feld et Cécile Berger, Maurice Feld arriva en France avec ses parents au milieu des années 1920. Ses parents travaillaient dans la confection et obtinrent la nationalité française. Lui-même fut naturalisé en 1934. Ils furent déportés sous l’Occupation. Maurice Feld était le frère de Charles Feld.
Domicilié rue du Faubourg-Saint-Denis à Paris (Xe arr.), où une plaque est apposée, Maurice Feld entra très tôt dans les premiers groupes armés de la résistance communiste à Paris, l’Organisation spéciale (OS). Arrêté une première fois, il fut libéré en raison de son âge et reprit aussitôt le combat. Le 2 novembre 1941, avec Maurice Feferman, il attaqua un médecin auxiliaire allemand, boulevard Magenta. En novembre, à Saint-Maximin (Oise), il s’empara de 30 kilogrammes d’explosifs dans une carrière. Le 14 décembre, toujours avec Maurice Feferman, il réalisa un attentat à l’explosif contre un hôtel occupé par les Allemands, rue Beaubourg à Paris (IIIe arr.). Il constitua avec son camarade, début 1942, le deuxième détachement des Bataillons de la jeunesse.
Selon David Diamant, Maurice Feld attaqua le 23 juillet 1941, avec Maurice Feferman, un officier allemand dans le XVIIIe arrondissement et, en janvier 1942, lança une bombe contre le cinéma Delta où était projeté le film antisémite Le Juif Suss.
Filé depuis quelque temps par la Brigade spéciale, Maurice Feld fut arrêté le 9 mai 1942, après un échange de coups de feu et une course-poursuite. Maurice Feferman se suicida pour éviter de tomber aux mains de la police.
Cette version est différente de celle que rapportent David Diamant et Boris Holban et qui est généralement reprise : le 10 mai 1942, toujours avec Maurice Feferman et un troisième camarade, Maurice Feld lança une grenade contre un hôtel réservé à la Wehrmacht, square Montholon à Paris (Xe arr.). Mais les hommes de la Brigade spéciale 2 filaient depuis quelque temps Maurice Feld et Maurice Feferman et tentèrent de les arrêter. Maurice Feferman, poursuivi, se suicida. Maurice Feld fut grièvement blessé et le troisième homme réussit à s’enfuir.
Maurice Feld fut interné à la prison de la Santé, puis condamné à mort par le tribunal allemand du Gross Paris (rue Boissy-d’Anglas, VIIIe arr.) le 7 août 1942. Détenu à l’hôpital de l’hôtel-Dieu puis à la prison de la Santé, il a été fusillé au stand de tir du ministère de l’Air.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, B VII 3, Boîte 5. – David Diamant, Les Juifs dans la résistance 1940-1944, Le Pavillon, Roger Maria éditeur, 1971. – Boris Holban, Testament, Calmann-Lévy. – Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, Le sang des communistes, Les Bataillons de la jeunesse dans la lutte armée, automne 1941, Fayard, 2004. – Notes Marie-Cécile Bouju.

Jean-Pierre Besse

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