Né le 30 mars 1900 à Souppes (Seine-et-Marne), fusillé comme otage le 13 janvier 1942 à Clairvaux (Aube) ; ouvrier ébéniste ; secrétaire de la 20e union régionale CGTU ; conseiller municipal communiste du XIe arrondissement de Paris (1935-1940).

Léon Frot dans les années 1930
Nos édiles, op. cit.
Le père de Léon Frot travaillait comme ouvrier dans une laiterie (« papetier » selon l’état civil) et sa mère faisait des lessives. Il devint à treize ans apprenti menuisier puis, pendant la guerre, travailla dans une ferme et pendant deux ans dans une laiterie. En 1918, Léon Frot put reprendre son apprentissage à Paris où, l’année suivante, il adhéra à la CGT, aux Jeunesses socialistes (JS) et à la 12e section du Parti socialiste. Sa section des JS vota l’adhésion à l’Internationale communiste des jeunes (ICJ). Une distribution de tracts contre le départ de la classe 1920 lui valut d’être poursuivi pour propagande antimilitariste. Lui-même s’était vu exempter de service militaire pour maladie de cœur. Tout en travaillant, Léon Frot suivit des cours du soir d’enseignement technique, ce qui lui permit d’enseigner le plan, à partir de 1928, dans le cadre de l’École ouvrière de l’ameublement. On lui en confia le secrétariat en 1929.
Léon Frot s’était marié en 1922 avec Simone Combe (née le 25 septembre 1903 à Souppes).
Militant communiste, élève de l’École de Bobigny en mars 1925, membre de la Fédération unitaire du bois (CGTU), il participa en 1929 à la grève générale des ouvriers du bois de la région parisienne et fut membre du comité central de grève. La Fédération du bois l’élut à sa commission exécutive en mai 1931. Il fut délégué aux Ve (septembre 1929), VIe (novembre 1931) et VIIe (septembre 1933) congrès de la CGTU. La police l’arrêta le 21 juillet 1929 à Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise, Val-de-Marne) alors qu’il assistait à une réunion de préparation à la journée du 1er août contre la guerre. La justice le mit en liberté provisoire le 3 août. Léon Frot était, en 1931, gérant du journal ukrainien Nach Propor (Notre drapeau) publié par la CGTU à deux mille exemplaires et, en octobre 1932, du journal Holos Robitnyka (La Voix de l’ouvrier). En janvier 1932, Léon Frot remplaça René Arrachard, malade, au secrétariat de la 20e union régionale des syndicats unitaires, comme responsable du secteur Paris-Sud. Réélu à cette fonction jusqu’en 1935, il participa à l’organisation de la grève générale du 12 février 1934. Membre du Comité national de lutte contre la guerre et le fascisme, Léon Frot aurait été chargé, en mai 1934, d’une mission d’information auprès des communistes de Vienne (Autriche) au sujet de l’insurrection de février.
Candidat communiste aux élections législatives des 1er et 8 mai 1932 dans la deuxième circonscription du XIe arrondissement de Paris (Saint-Ambroise, partie de Sainte-Marguerite, partie de la Roquette), il recueillit au premier tour 4 026 voix contre 7 246 à Lucien Besset, député sortant (Concentration républicaine), industriel du bois, 2 889 à Micheletti (radical socialiste) et 1 451 à Kahn (SFIO) sur 18 968 inscrits (21,2 %) et 16 708 votants (24 %). Besset le battit au second tour par 8 955 suffrages contre 6 419 (33,8 % des inscrits, 40,3 % des 15 889 votants). Ce résultat était inférieur à celui obtenu dans la même circonscription par Albert Fournier en avril 1928. André Doyen, militant communiste qui avait soutenu sa campagne, écrivit : « Léon Frot était une des figures les plus sympathiques du mouvement ouvrier du XIe, toujours le sourire, toujours une parole aimable, étant toujours prêt à rendre service, à se dévouer pour tous et ne ménageant pas son temps et ses efforts pour le parti ; une allure encore juvénile et dynamique lui valait l’amitié de tous et le faisait craindre de ses adversaires. » (Rétrospectives, Paris, 1963, p. 128.) En 1936, la direction du Parti communiste écarta sa candidature au profit de celle de Florimond Bonte qui fut élu. Léon Frot devint conseiller municipal de la 2e circonscription du XIe arrondissement (Roquette) aux élections des 5 et 12 mai 1935. Il obtint au premier tour 2 511 voix sur 8 711 inscrits (28,8 %), devançant le socialiste SFIO Claude Just, 407 voix (4,6 %) et le conseiller sortant, ancien communiste rallié au POP puis au PUP, Camille Renault, 1 588 suffrages (18,2 %). Ce dernier se maintint au second tour mais fut battu par 1 142 voix (13,1 %) contre 2 279 (26,1 %) à Guyot (Alliance démocratique) et 3 632 (41,6 %) à Léon Frot. À l’hôtel de ville, il fit partie de la 5e commission du conseil municipal (assistance publique) et des 1re et 3e commissions du conseil général (domaine : assistance aux vieillards et aliénés). Léon Frot fit un voyage de quinze jours en URSS en compagnie de Georges Marrane, en mai 1937. L’année suivante, il siégeait au comité régional communiste Paris-Ville.
À la suite d’une perquisition effectuée à son domicile, rue des Boulets devenue depuis rue Léon-Frot, le 15 novembre 1939, la justice fit incarcérer Léon Frot à la prison de la Santé pour propagande communiste. Condamné le 14 mai 1940 par le 3e tribunal militaire de Paris à cinq ans de prison et 5 000 francs d’amende et cinq ans d’interdiction des droits civiques et politiques, il fut transféré à la prison de Bourges (Cher) le 21 mai 1940 et y écrivit son journal publié à la Libération par La Défense (du 5 octobre au 30 novembre 1945). Il partit pour la maison centrale de Clairvaux (Aube) où les Allemands le fusillèrent comme otage le 13 janvier 1942.
Le 18 décembre 1944, la partie nord de la rue des Boulets (Paris XIème) fut nommée rue Léon-Frot. Son nom est inscrit sur la stèle des 21 otages de Clairvaux.
Sources

SOURCES : RGASPI, 495 270 1801. – Arch. PPo. 101 et 313, BA 2443. – Arch. Dép. Seine, DM3 M2 no 3. – Arch. André Marty, E VIII. – Arch. J. Maitron, fiche Léon Frot. – Note Jean-Pierre Besse. – A. Doyen, Rétrospectives, Paris, 1963. – Le conseil municipal, nos édiles, op. cit. – État civil, Souppes.

Iconographie
ICONOGRAPHIE : Le conseil municipal, nos édiles, op. cit.

Jean Maitron, Claude Pennetier

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