Né le 9 octobre 1919 à Piteglio (Pistoia, Italie), abattu par un gendarme français le 18 février 1942 à Anzin (Nord) ; électricien ; militant communiste du Nord ; résistant, membre de l’Organisation spéciale de combat (OSC).

Eusébio Ferrari
Gloire à nos martyrs (italiens)
Cinq jeunes martyrs italiens : Spartaco Fontanot, Eusébio Ferrari, Rosine Bet, Remo Pierallini, Franco Fioranni.
Eusebio Ferrari, fils d’un ouvrier socialiste italien, vint en 1923 à Fenain (Nord) avec sa famille antifasciste réfugiée en France après la prise du pouvoir par Mussolini. Excellent élève à l’école communale de Fenain (Nord), reçu au certificat d’études avec la mention « bien », il entra à l’école pratique de Denain et devint électricien qualifié. Après ses études, il entra comme électricien d’entretien dans une verrerie d’Aniche en 1935.
Très tôt, dès 1936, Eusebio Ferrari adhéra aux Jeunesses communistes et s’affirma comme un animateur du groupe local. Il fut un des quinze délégués du Nord au IXe congrès national des JC tenu à Paris en 1937. Il s’enthousiasma pour la cause de l’Espagne républicaine et participa aux comités d’aide créés dans ce sens.
Après la débâcle de 1940 et l’Occupation, il songea à remettre sur pied l’organisation communiste. Le 14 juillet 1940, il badigeonna des slogans sur les murs de Fenain : « Courage et confiance. Nous vaincrons », suivis d’une faucille et d’un marteau. En septembre, il participa à Dechy, chez Célestin Dubois, à la réunion de reconstitution des Jeunesses communistes avec, entre autres, Germinal Martel, René Denys, Félicien Joly. Le 1er Mai 1941, le drapeau rouge flottait sur le terril de la fosse Agache. Le 28 mai, les mineurs de ce puits se mirent en grève. Eusebio Ferrari entretint le mouvement par l’impression et la distribution de tracts. Le 3 juin, il quitta Fenain et passa dans l’illégalité. Début juillet fut constituée l’Organisation spéciale de combat (OSC) : Eusebio Ferrari, René Denys, Félicien Joly, Jules Bridoux en furent les fondateurs pour le Nord. Dès lors, sabotages et attentats de plus en plus audacieux se succédèrent. En particulier, le 25 août, en compagnie de deux camarades, il abattit à Lille deux officiers allemands, puis il mena avec succès une série d’autres actions de résistance armée. Eusebio Ferrari vécut alors une vie clandestine débordante et pénible, pourchassé par toutes les polices française et allemande et par la gendarmerie française. Le 18 février 1942, il fut cerné par la police française au coron du Moulin à Anzin et abattu d’une balle de mousqueton par un gendarme français.
Eusebio Ferrari fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, il reçut à titre posthume la médaille de la Résistance et la Croix de guerre avec palme.
Sources

SOURCE : André Pierrart, Michel Rousseau, Eusebio Ferrari à l’aube de la résistance armée, Syros, 1980.— Antonio Bechelloni, « Antifascistes italiens en France pendant la guerre : parcours aléatoires et identités reversibles », Revue d’histoire moderne et contemporaine, avril-juin1999, p. 280-295.— Idem, « Antifascist Resistance in France from the “Phony War” to the Liberation : Identity and Destinies in Question », in Donna R. Gabaccia and Fraser M. Ottanelli (sous la direction de), Italian workers of the World, Labor Migration and the Formation of Multiethnic States, Urbana and Chicago, University of Illinois Press, 2001, p. 214-231. — Notes de Francis Calvet, BiMOI, Lille, Arch. Dép. Nord.

Iconographie
ICONOGRAPHIE : Claude Angeli et Paul Gillet, Debout partisans !, Paris, Fayard, 1970 (la légende de la photographie le dit, par erreur, tué le 16 février 1942).

Jean-Pierre Besse, Michel Rousseau

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