Né le 20 mai 1895 à Montmorillon (Vienne), fusillé comme otage le 20 septembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; cheminot de Paris-Orléans ; conseiller municipal d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) de 1925 à 1940.

Pierre Guignois en 1929
[Arch. Com. Ivry-sur-Seine]
Né d’un père contrôleur de la Compagnie d’Orléans, Pierre Guignois, lui-même employé de chemin de fer au Paris-Orléans, fut élu conseiller communiste, à Ivry-sur-Seine, aux élections municipales de 1925 sur la liste de Georges Marrane. Il était membre de la cellule 470 qui regroupait les cheminots du réseau PO et était responsable, avec Giraud, du Bulletin des cheminots communistes de Paris PO. Élu le 10 mai dans la première section, en 11e position sur 20, il conserva son siège, lorsque le sectionnement de la commune disparut, le 12 mai 1929. Il fut délégué sénatorial en 1935 et 1938. Il fit partie de nombreuses commissions : Finances, Instruction, Fête, Patronage. Il s’occupa tout particulièrement du fonctionnement de la colonie de vacances. Il parraina des enfants espagnols accueillis dans la commune d’Ivry en 1937.
Le conseil de préfecture déchut Pierre Guignois de son mandat le 9 février 1940 pour appartenance au Parti communiste. Lors d’une opération conjointe de la police française et de la Feldgendarmerie entre 6 h 30 et 9 h 30, le 12 septembre 1941, dans les Habitations à bon marché (HBM) aux 65 et 80 rue Denis-Papin, il fut arrêté pour détention de tracts communistes et d’armes. Le 16 septembre 1941 le capitaine Scheben était tué de deux coups de revolver, boulevard de Strasbourg à Paris (Xe arr.). En représailles, douze prisonniers furent passés par les armes comme otages au Mont-Valérien le 20 septembre.
Un « Avis » était publié dans la presse collaborationniste, dont Le Matin, le 22 septembre avec les douze noms et une menace du général Von Stülpnagel : « J’attire l’attention sur le fait que, en cas de récidive, un nombre beaucoup plus considérable d’otages sera fusillé. »
Pierre Guignois s’était marié le 4 septembre 1920 à Ivry, avec Renée Vigouroux, journalière, fille d’un cheminot. Militante communiste, sa femme participa aux grèves de 1936 chez Ferrand-Renaud, entreprise ivryenne de pâtes alimentaires où elle était lamineuse. Ils habitaient alors dans les HBM, 80 rue Denis-Papin, à proximité de l’hôtel de ville.
Une rue (depuis le 27 juillet 1945) et une cité pour cheminots portent son nom.
Sources

SOURCES : Arch. Nat. F7/13689 (14 octobre 1927) et F7/13691 (13 juin 1927). – Arch. PPo., BA 1798. – Arch. Dép. Seine, D. M 3 ; versement 10451/76/1 ; 10441/64/2 no 24. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Seine, D. M 3 ; versement 10451/76/1 ; 10441/64/2 no 24. – Arch. com. Ivry-sur-Seine. – Ivry fidèle à la classe ouvrière et à la France, 1971. – Jean Lojkine, Nathalie Viet-Depaule, Classe ouvrière, société locale et municipalités en région parisienne, CEMS 1984. – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit.Le Matin, 22 septembre 1941. – Renseignements recueillis par Claude Pennetier. – État civil, Montmorillon et Ivry-sur-Seine.

Michèle Rault, Nathalie Viet-Depaule

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