Né le 4 décembre 1907 à Cisternia (Espagne), fusillé comme otage le 14 mai 1942 à Caen (Calvados) ; magasinier ; militant communiste de Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine).

Fils de Matéo et de Jacoba Sanchez, Henri Aguado fut naturalisé français par décret du 19 septembre 1930. Il épousa Helène Vétil. Le couple était domicilié 3 bis rue Justin à Gennevilliers, une fille prénommée Josiane naquit en avril 1937.
Henri Aguado adhéra au Parti communiste en 1934, il était responsable syndical aux Chantiers aéromaritimes de la Seine (CAMS) à Sartrouville (Seine-et-Oise, Yvelines), secrétaire du rayon communiste d’Asnières en 1935, secrétaire et délégué syndical à la Radio-Technique à Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine). Il présida le Club sportif d’Asnières, délégué aux Olympiades à Barcelone en 1936. Membre du comité de section du PCF, directeur du centre des loisirs à Gennevilliers en 1938 (Maison pour Tous), il militait aussi à la Fédération de l’émigration espagnole.
Il fut réformé en 1939, et requis à la Manufacture d’Armes de Levallois-Perret. Le 6 mars 1941, le commissaire de Courbevoie, dans un rapport au directeur des Renseignements généraux, signalait Henri Aguado comme l’organisateur de la propagande pour une partie de la Région Paris-Ouest du PCF (Colombes, Courbevoie, La-Garenne-Colombes et Nanterre), avec Albert Lemaire, chargé de l’imprimerie, et Gino Focardi, responsable de la diffusion.
Henri Aguado dit Delvar fut arrêté le 10 mars 1941 par des policiers de la BS1, à Courbevoie, porteur de deux cent soixante tracts du PCF. Il fut incarcéré le 12 mars à la Santé, puis le 29 mai à Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Condamné à dix mois de prison pour distribution de tracts, en correctionnelle, la Section spéciale de la cour d’appel de Paris, le condamna le 3 octobre 1941, en appel, à cinq ans de travaux forcés. Il fut conduit le 8 octobre à la centrale de Caen, désigné comme otage en représailles à un attentat commis contre trois marins allemands le 2 mai à Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). Il fut passé par les armes avec un autre militant de Gennevilliers, Joseph Le Clainche, le 14 mai 1942 à la caserne du 43e Régiment d’artillerie de Caen. Son inhumation eut lieu au cimetière de l’Ouest à Caen (4e division, section M, 26e rang, tombe 17).
Le 14 janvier 1945, une cérémonie fut organisée par la municipalité de Gennevilliers pour l’inhumation dans le cimetière de la ville des huit fusillés de Gennevilliers : Jean Grandel, Henri Aguado, Louis Calmel, Henri Le Gall, Joseph Le Clainche, Georges Thoretton, Jules Larose, et Paul Simo. Le matin, Charles Tillon, ministre de l’Air, vint s’incliner devant les dépouilles des défunts. L’après-midi, six mille personnes suivirent le cortège de la salle des fêtes des Grésillons, jusqu’au cimetière, en présence notamment d’Arthur Airaud, inspecteur général des Services, représentant le préfet de police. Des hommages furent rendus par Waldeck L’Huillier, maire de la ville, Henri Gourdeaux, secrétaire de la Fédération postale CGT, et Eugène Hénaff pour le Parti communiste.
Henri Aguado fut réinhumé dans le carré des fusillés au cimetière de Gennevilliers. Son nom figure sur le monument aux morts et sur une plaque commémorative à la Bourse du Travail de Paris, avec son prénom Angel. Une rue de Gennevilliers portait le nom d’Henri Aguado, dès le mois de décembre 1944. La mention « Mort pour la France » fut attribuée à Henri Aguado par le ministère des Anciens Combattants le 18 avril 1946.
Sources

SOURCES : Arch. mun. Gennevilliers. – Arch. PPo., BA 2057, BA 2397, GA G9, PCF carton 7. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Delphine Leneveu et Thomas Pouty). – J. Quellien (sous la dir.), Livre mémorial des victimes du nazisme dans le Calvados, op. cit. – Notes Julien Lucchini. – Mémorial GenWeb.

Iconographie
ICONOGRAPHIE : Arch. Mun. de Gennevilliers.

Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

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