Né le 26 juin 1889 à Coulonge-sur-Charente (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), fusillé le 31 janvier 1942 à Chef-de-Baie, La Rochelle-La Pallice.(Charente-Maritime) ; cheminot aux Chemins de fer de l’Etat ; militant syndicaliste de la CGT ; militant socialiste SFIO, maire de Rochefort (Charente-Inférieure, Charente-Maritime) (1925-1928) ; détention d’armes.

Roher Hymond
Second adjoint au maire de Rochefort (1919-1925)
Maire de Rochefort
Fils de Victor, Florent Hymond, instituteur, et de Marie Célestine Moquette, sans profession, Roger Hymond effectua son service militaire d’octobre 1910 à octobre 1912 au 57e Régiment d’infanterie à Libourne, qu’il termina au grade de caporal. Piqueur aux Chemins de fer de l’État, il se maria le 22 septembre 1913 aux Églises d’Argenteuil (Charente-Inférieure) avec Marguerite Vigier avec laquelle il eut un enfant en 1923, et fut affecté à Rochefort.
Mobilisé en septembre 1914 au 23e Régiment d’infanterie, il fut versé dans les services auxiliaires pour « faiblesse générale » et affecté spécial aux Chemins de fer de l’État jusqu’à la fin de la guerre.
Roger Hymond était, en 1919, secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Rochefort et militant du parti socialiste SFIO. Considéré, selon un rapport de police, comme un socialiste et un syndicaliste « convaincu », un « travailleur intelligent et sobre, raisonnable, partisan de la grève lorsqu’il la croit inévitable pour faire aboutir des revendications justifiées », il se présenta aux élections municipales de Rochefort en 1919 et fut élu comme deuxième adjoint au maire socialiste, Auguste Roux. Ce dernier, vieux socialiste de 69 ans, très modéré, délégua beaucoup de pouvoirs à ses deux adjoints, le radical-socialiste Edouard Angibaud et Roger Hymond. Ce dernier fut notamment responsable du début des travaux de destruction du rempart de la cité-arsenal se signalant pour son « activité dévorante et parfois effrayante » (pour les anciens).
Roger Hymond fut un temps correspondant de La Bataille socialiste en Charente-Inférieure avec Rondeaux, maire adjoint de La Rochelle. Sa carrière politique se poursuivit par ses élections successives au conseil d’arrondissement et, en 1925, à la tête de la municipalité de Rochefort, qui comprenait dix radicaux et vingt socialistes. Hymond et son adjoint Charles Cossevin, qui appartenaient tous deux à la loge de « l’Accord parfait », représentaient alors la gauche du groupe socialiste local qui avait mis en minorité, au sein du parti, la candidature d’Auguste Roux, maire sortant, appuyée par le député Edouard Pouzet et le secrétaire du Syndicat CGT de l’arsenal, Louis Bernard, vénérable de la loge concurrente « La Démocratie ».
Hymond et Bernard ne partageaient pas la même approche de la reconversion de l’arsenal. En 1926 éclata une grave crise interne dans la section SFIO de Rochefort. Hymond s’était présenté aux élections cantonales mais avait été battu au second tour par Louis Bernard qui s’était présenté à titre personnel. Il retira sa délégation d’adjoint à Bernard et, en tant que secrétaire de la Fédération départementale de la SFIO, fit procéder à l’exclusion, provisoire jusqu’au congrès du 7 novembre, de cinq membres de la section de Rochefort, tous élus municipaux ou ancien maire (Roux, Pouzet, Bernard, Pouyonnat)
Roger Hymond se présenta aux élections législatives de 1928 dans la circonscription de Rochefort : il obtint 1 151 voix au premier tour sur 12 930 suffrages exprimés, 485 au second. À la suite de son échec, il donna sa démission de maire au mois de juin 1928. Réélu au conseil municipal, il fut battu pour le poste de maire par son ancien premier adjoint, Edouard Angibaud (16 voix contre 12).
Il fut encore le candidat de la SFIO aux élections législatives de 1932 contre le député sortant Pouzet qui fut réélu. Mais son évolution vers des positions jugées conservatrices par ses pairs amena son exclusion du parti.
Conducteur de travaux aux Chemins de fer de l’État depuis 1927, il décida de partir en Tunisie où il dirigea une entreprise à Tunis puis revint à Paris, Maisons-Laffitte, puis à Rochefort en 1935, comptant bien prendre sa revanche aux élections législatives de 1936. Il se présenta sous l’étiquette « Union socialiste et républicaine » ; sur 17 083 inscrits, il recueillit 1 982 voix, obtenant 25% des exprimés à Rochefort même, et se désista au second tour en faveur du candidat radical Mariani, opposé au candidat socialiste du Front populaire, Roger Lefèvre, qui fut élu.
Il fut condamné à mort le 28 janvier 1942 pour détention d’arme et fusillé par les Allemands à Chef-de-Baie, La Rochelle La Pallice. Le titre d’Interné Politique lui a été refusé en février 1964 par le ministère des Anciens Combattants : « la cause de l’arrestation suivie d’exécution n’entre pas dans le cadre du statut des déportés politiques et internés ».
Sources

SOURCES : Arch. Nat. F7/12 978, rapports du 3 avril 1920, 17 mai 1925, 7 mars 1926, 13 juillet 1926 et 30 avril 1928. — Arch. J. Zyromski (CRHMSS) BI 2.— Arch. Départ. Charente-Maritime, 4 M2/82, 4 M6/19, registre matricule.— Arch. mun. Rochefort, délibérations municipales.— Renseignements communiqués par Francis Masgnaud à partir des archives du Grand Orient. –– G. Lachapelle, Les Élections de 1928, 1932, 1936. – DAVCC, Caen. – État civil. — Notes Éric Le Normand et Alain Dalançon.

Jean-Pierre Besse, Yves Dauriac

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