Né le 20 septembre 1898 à Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; artisan imprimeur ; résistant communiste.

Fils de Charles, instituteur, et de Juliette, née Mencosart, Georges Gentil avait suivi des études primaires supérieures. Il épousa le 2 août 1917 Marie Daubinet, puis le 7 octobre 1920 Léonie Zugliano en mairie de Clichy. Il se maria le 15 novembre 1924 avec Marthe Christen en mairie de Levallois-Perret. Le couple eut un enfant, il demeurait au 7 rue Kléber à Bezons (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Mobilisé le 3 septembre 1939, il reprit son travail après sa démobilisation intervenue le 10 août 1940. Il mit son entreprise à la disposition du Parti communiste clandestin, il était en contact avec Grandcoing.
À l’issue de filatures de deux militants communistes, il fut arrêté le 18 juin 1942 par des inspecteurs de la BS1. Les policiers saisirent lors de la perquisition mille cinq cents kilos de papier blanc, quinze mille tracts édités par le Parti communiste. Ce matériel s’adressait à différentes couches sociales de la population. Deux machines à imprimer, des clichés en zinc, une perforeuse, un massicot à main, deux appareils photo et un agrandisseur photographique, plusieurs casses de caractères d’imprimerie furent emportés par les policiers.
Considéré comme un dangereux communiste, arrêté dans le cadre de l’affaire Tintelin, il fut inculpé d’infraction au décret du 26 septembre 1939. Deux autres imprimeurs furent arrêtés, Louis Guyot à Argenteuil et Léon Appay à Suresnes. Il y eut trente-neuf arrestations. Arrêtés également, sa femme Marthe et son fils Robert furent détenus quelques jours puis libérés. Après plusieurs interrogatoires dans les locaux des Brigades spéciales, Georges Gentil fut envoyé au Dépôt le 25 juin, puis incarcéré au fort de Romainville.
Le 5 août 1942, deux grenades étaient lancées par des résistants communistes sur des militaires allemands qui s’entraînaient au stade Jean-Bouin (XVIe arr.). Deux furent tués, cinq grièvement blessés et quinze autres blessés Les occupants allemands décidaient le 10 août de fusiller quatre-vingt-huit otages au Mont-Valérien.
Le lendemain, Georges Gentil était fusillé à 17 h 35 au Mont-Valérien. Le journal collaborationniste Le Matin annonça le 11 août dans un « Avis » que « pour répondre à chaque attentat [...] 93 otages terroristes qui ont été convaincus d’avoir commis des actes de terrorisme ou d’en avoir été complices » étaient fusillés. Le corps de Georges Gentil fut incinéré au Père-Lachaise.
Sa femme Marthe s’adressa le 25 août au préfet : « Vivant dans une grande angoisse » depuis l’arrestation de son mari, elle demandait de « connaître ne serait-ce que le lieu où il se trouve actuellement ».
Son fils Robert témoigna devant la commission d’épuration de la police le 27 avril 1945. Georges Gentil était resté détenu douze jours dans les locaux des Brigades spéciales. « Mon père a été l’objet de sévices, j’ai en effet pu le voir durant notre détention, il portait des traces de coups et de sang au visage. » Il porta plainte contre les inspecteurs responsables de la mort de son père et des vols perpétrés pendant la perquisition.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BA 1747, BA 1752, BA 2117, BA 2297, BS1 GB 36 et 37, PCF carton 13 rapports hebdomadaires sur l’activité communiste pendant l’Occupation, 77W 3113. – DAVCC, Caen. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit.Le Matin, 11 août 1942. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC VII-7, XLV-45. – État civil, Clichy.

Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

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