Né le 17 juin 1922 à Moulins (Allier), fusillé le 22 mars 1944 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; étudiant ; commissaire aux effectifs du maquis FTPF de La Pourière (Allier).

Bernard Saumande était né dans une famille de notables : son père était directeur de la Banque de France à Riom (Puy-de-Dôme). Il ambitionnait de devenir un jour diplomate. Pour ce faire, parallèlement à ses études de droit, il avait suivi des cours d’allemand et de russe, de philosophie aussi. « Rien ne lui était étranger : littérature, musique, langues étrangères. Avec lui, nous restions à causer des heures, les soirs d’été, assis en petits groupes près des cabanes » écrira après la guerre l’un de ses camarades de maquis, Paul Champeau.
Après la promulgation de la loi du 15 février 1943 imposant aux jeunes Français des classes 1940, 1941 et 1942 de partir travailler en Allemagne pour contribuer à l’effort de guerre du IIIe Reich, Bernard Saumande chercha refuge dans la montagne bourbonnaise, où il retrouva d’autres réfractaires pris en main par des responsables de l’Armée secrète (AS), André Mandart, entrepreneur de maçonnerie à Châtel-Montagne (Allier), et Roger Kespy, radio-électricien à Vichy. D’abord cantonnés dans une carrière de Saint-Nicolas-des-Biefs, ils se regroupèrent le 1er juillet 1943 aux Robins de Saint-Clément. Début décembre, le groupe, fort de vingt-huit membres, se déplaça à nouveau pour s’installer à Arfeuilles.
Sur ordre de l’AS, une partie des jeunes gens s’en alla pour constituer un nouveau maquis dans le Puy-de-Dôme. De nouvelles recrues se présentèrent, ainsi que cinq hommes envoyés par les Francs-tireurs et partisans (FTP) et un militant communiste évadé d’un camp de prisonniers politiques, Guy Périlhou. Le 22 décembre 1943, le groupe s’installa dans la ferme désaffectée de La Pourière (commune de Châtel-Montagne), pour affronter l’hiver dans des locaux en dur. Il décida au même moment d’adhérer aux FTP, sans rompre pour autant avec l’AS. La soif d’action était la principale motivation. Le maquis adopta alors les principes d’organisation des FTP, en se dotant d’un « triangle » de direction. Bernard Saumande fut nommé commissaire aux effectifs et prit le pseudonyme de « Claude », un certain Georges Gouverneur, qui allait malheureusement se révéler être un agent de la Milice infiltré (condamné à mort après guerre, puis gracié), devint commissaire aux opérations, tandis que Julien Charpentier prenait la responsabilité de commissaire technique. Otto Georges Weiss, alias « Serge », un agent du Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) d’origine autrichienne, assumait quant à lui le « service B » (service de renseignements des FTP).
En quelques semaines, le maquis de La Pourière exécuta une dizaine d’actions, y compris deux attaques de débits de tabac auxquelles Bernard Saumande tenta de s’opposer, en vain face à la virulence de leur instigateur, qui n’était autre que le milicien infiltré. Dans la matinée du 4 février 1944, des Groupes mobiles de réserve (GMR) – une police supplétive de Vichy – encerclèrent la ferme et capturèrent vingt-cinq résistants. Bernard Saumande était en mission à l’extérieur. Il fut arrêté le lendemain par la Milice en gare de Saint-Germain-des-Fossés. Livré à la Gestapo de Vichy, il fut incarcéré à la prison de Moulins, où il subit deux semaines d’interrogatoires. Transféré à Clermont-Ferrand le 13 mars, il fut condamné à mort par le tribunal de guerre allemand de Lyon (Rhône) le 15 mars et fusillé une semaine plus tard. Avant l’exécution, il avait pu écrire une dernière lettre à ses parents et à son frère cadet, Robert : « vous pouvez être fiers de moi, chers parents. Ne récriminez contre personne. C’était ma destinée. Mère, je suis mort chrétiennement [...]. Je vous envoie le livre de prières avec lequel je suis mort. [...] Vous voyez que je ne tremble pas. »
Son corps fut enterré anonymement dans le cimetière des Carmes de Clermont-Ferrand. Aucune mention de son décès ne fut inscrite dans les registres d’état civil de sa commune de naissance, ce qui explique peut-être que son nom ne figure sur aucun monument aux morts ou plaque commémorative. Après la Libération, le 30 septembre 1944, un hommage national lui fut rendu à l’occasion de la réinhumation de sa dépouille.
Il est enterré à Moulins, sa ville natale.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII. – André Sérezat, De Vichy à Valmy ou De la défaite à la Libération de l’Allier, Moulins, Éd. des Foyers Ruraux, 1995.

Jean-Pierre Ravery

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