Né le 27 mai 1899 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), fusillé comme otage le 2 octobre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; cultivateur ; résistant communiste.

Fils de Louis Arbona, marchand, et d’Antoinette née Rullan, son épouse sans profession, Antoine Arbona se maria à Clermont-Ferrand en juin 1931 puis se remaria à Coudes (Puy-de-Dôme) en avril 1938 avec Joséphine Gros.
Cultivateur communiste, Antoine Arbona cachait dans sa ferme à Coudes un important stock d’armes. Le délégué du service des sociétés secrètes pour le Puy-de-Dôme, Jacques Hartmann, le dénonça au représentant de la police allemande à Vichy, le Kommandeur Hugo Geissler (Hartmann fut abattu par la Résistance en septembre 1943, Geissler en juin 1944).
Antoine Arbona fut arrêté chez lui le 30 avril 1943. Successivement incarcéré à Vichy, Moulins et Romainville où il retrouva Marcel Béraud*, il fut exécuté au Mont-Valérien le 2 octobre 1943 avec quarante-neuf autres résistants, en représailles à l’attentat contre le général SS Julius Ritter réussi le 28 septembre précédent par les FTP-MOI parisiens. Leurs dépouilles furent incinérées au crématorium du Père-Lachaise. L’avis que le général Oberg fit placarder dans Paris était plus laconique que les précédents et ne visait plus exclusivement les communistes : « Les attentats et les actes de sabotages se sont multipliés en France ces derniers temps. Pour cette raison, cinquante terroristes, convaincus d’avoir participé à des actes de sabotage et de terrorisme ont été fusillés le 2 octobre 1943, sur l’ordre du Höherer SS und Polizei Führer (chef suprême de la police et des SS) ». Trente-six des fusillés étaient communistes, les quatorze autres appartenaient au réseau Alliance.
Sur un mur d’une casemate du fort du Mont-Valérien, il laissa une trace écrite de son passage : "Arbona Antoine, innocent fusillé le 2 octobre 1943 ". Son épouse, Joséphine, fut avisé de son décès par courrier courant octobre 1943.
Le nom d’Antoine Arbona figure sur le monument aux morts de la commune de Coudes. La mention « Mort pour la France » fut attribuée par l’Office national dans anciens combattants de Caen le 10 avril 2013.
Sources

SOURCES : Eugène Martres, Auvergne-Bourbonnais. Les archives parlent. 1940-1945, Éd. De Borée. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 6 (Notes Thomas Pouty). – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Manuel Rispal, Tout un monde au Mont-Mouchet, 1940-1945, Éditions Authrefois, 2014, p. 35.— Site Internet Mémoire des Hommes. – État civil, Clermont-Ferrand.

Jean-Pierre Ravery

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