Né le 2 avril 1884 au Longeron (Maine-et-Loire), fusillé comme otage le 22 octobre 1941 à Châteaubriant (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; sous-chef de brigade ; militant syndicaliste et communiste des Deux-Sèvres.

Henri Barthélémy et ses camarades au camp de Châteaubriant à l’été 1941. Avec une barbe blanche.
Maurice Rouzier, Jeunes résistants en Nord Deux-Sèvres. Au cœur de l’OS 680, 1941-1942, La Crèche, Geste éditions, 2012.
Plaque sur le site de Châteaubriant
Petit-fils d’un cultivateur et fils d’un garde-barrière, Henri Barthélemy participa à des réunions socialistes et syndicalistes avant la Première Guerre mondiale. Au congrès constitutif de l’Union départementale CGT, tenue à Niort (Deux-Sèvres) le 13 juillet 1913, il fut élu trésorier adjoint. Après la scission de Tours en 1920, il passa au Parti communiste dont il demeura adhérent jusqu’à sa mort.
En 1918, Henri Barthélemy était ajusteur au dépôt du réseau État à Niort. Il militait à la Fédération nationale des Travailleurs des chemins de fer, section de Niort, et fut révoqué après la grève de 1920. Parallèlement, en 1919, il fut candidat socialiste aux élections législatives et obtint 4 915 voix sur 76 089 suffrages exprimés. En mai 1935, Henri Barthélemy, sous-chef de brigade au dépôt de Thouars, fut élu conseiller municipal de cette ville. Aux élections législatives de mai 1936, il fut candidat du Parti communiste dans la circonscription de Bressuire (Deux-Sèvres).
Le conseil municipal de Thouars fut dissous en octobre 1939. Henri Barthélémy fut arrêté une première fois le 7 mars 1940 pour diffusion de l’Humanité clandestine et incarcéré à Poitiers d’où il fut libéré au début de l’occupation allemande, le 18 juillet. Arrêté à nouveau le 20 avril 1941 suite à une décision d’internement administratif prise à son encontre par le préfet, il fut interné à Châteaubriant.
Dans Ceux de Châteaubriant, Fernand Grenier dit de lui : « C’est un géant qui les dépasse tous. Une sorte d’hercule aux cheveux blancs, estimé de tous pour son bon sourire, son naturel très doux, sa gentillesse de chaque instant. » Au responsable du camp, Touya, lui proposant la libération sous condition d’une déclaration favorable à Pétain, il aurait répondu : « Je suis entré ici la tête haute, j’en ressortirai de même. » Henri Barthélémy fut l’un des 27 otages fusillés du 22 octobre 1941. Une rue de Thouars porte son nom.
Il s’était marié en juillet 1907 à Prahecq (Deux-Sèvres) avec Adeline Ayraud. Veuf, père d’un enfant il refit sa vie avec Yvonne Chedemail de Niort.
Sous l’Occupation, son fils Henri faisait l’intermédiaire dans le recrutement de résistants pour le Front national régional en Normandie. Il participa à la Résistance aux côtés d’Henri Neveu, en organisant l’hébergement de responsables clandestins régionaux et interrégionaux, en prêtant sa carte SNCF et en participant à la reconstitution de la CGT clandestine des cheminots de Caen (Calvados) en 1943. Il fut membre de la Commission départementale de reconstitution des organisations syndicales de travailleurs en 1945, au titre de la CGT. Surveillant au service électrique à Caen, il fut élu délégué du 4e degré en avril 1951 au titre de l’Union Ouest, puis réélu en mai 1955.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII, dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – Arch. Nat. F7/13130 et 13621. – Arch. Dép. Deux-Sèvres, E M. 11/36 et 11/41, 4 m 11 mars et 11 avril. – Arch. Fédération CGT des cheminots. – Les cahiers de l’Institut (IHS-CGT Cheminots), no 13 3e trimestre 2001, p. 5. – Notes Jean-Pierre Bonnet, Gilles Morin et Maurice Rouzier. – Renseignements communiqués par Évelyne Maine-Opezzo. – Maurice Rouzier, Jeunes résistants en Nord Deux-Sèvres. Au cœur de l’OS 680, 1941-1942, La Crèche, Geste éditions, 2012. – État civil.

Iconographie
ICONOGRAPHIE : Portrait (salle des délibérations du conseil municipal de Thouars).

Jacques Blanchard, Marie-Louise Goergen, Maurice Rouzier

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