Né le 19 juillet 1910 à Paris (XIIIe arr.), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; employé de banque ; militant communiste, membre du comité central des Jeunesses communistes, référent à l’Internationale communiste des jeunes ; commissaire des Brigades internationales ; résistant.

Jean Hemmen
Fils d’un mouleur sur plâtre, militant socialiste, Jean Hemmen, employé de banque, adhéra aux Jeunesses communistes à l’âge de dix-sept ans à Sevran (Seine-et-Oise). Il suivit une école régionale et devint permanent en 1929, responsable du travail illégal pour la jeunesse, et fut envoyé comme instructeur à Grenoble (Isère) puis dans le Nord pour coordonner l’agitation antimilitariste dans l’arrondissement de Valenciennes. En mars-avril 1931, il fut avec Victor Michaut l’un des meneurs de la grève des mineurs unitaires du Nord. Le congrès des Jeunesses communistes, tenu du 11 au 16 juin 1932 à Montigny-en-Gohelle, l’élut au comité central. Il fut d’octobre 1932 à octobre 1933 permanent illégal militaire. En 1934, il avait séjourné en URSS comme « référent » au KIM (Internationale communiste des jeunes) ; c’est là qu’il fit la connaissance de sa future épouse, Paulette Kérihuel (1914-1985), secrétaire dactylo de Manouilski. Le 8e congrès des JC tenu à Marseille fin mars 1936 le réélut au comité central.
Dès juillet 1936, Jean Hemmen organisa l’aide matérielle des JC à l’Espagne républicaine. Son passeport signale sa présence en Espagne à partir du 10 août 1936. Jean Hemmen fut en effet commissaire politique de la 2e compagnie de mitrailleuses sur le front de Grenade d’août 1936 à fin 1937. C’est lui qui accompagna à Bilbao, en janvier 1937, un bateau chargé de cinq cents tonnes de vivres et de vêtements fournis par les Jeunesses du Front populaire. Il s’engagea comme volontaire et fut commissaire politique de la 14e brigade internationale (La Marseillaise) en remplacement de François Vittori, du 7 mars au 19 avril 1938. L’historien J. Delperrie de Bayac lui attribue l’ordre d’exécution du Belge Marchal, commandant une compagnie du bataillon franco-belge André Marty, accusé d’abandon de poste. André Marty l’aurait renvoyé en France. En fait, selon son fils, c’est une grave blessure par balle à la poitrine qui explique son retour. Henry Tanguy (Rol-Tanguy) lui succéda. Hemmen travailla au Comité d’aide au peuple espagnol tout en assurant la fonction de secrétaire de l’Amicale des volontaires de l’Espagne républicaine. « Membre du comité central sortant », « héros des Brigades internationales », Jean Hemmen fit le rapport de la commission des mandats au 10e congrès de la Fédération des Jeunesses communistes (Issy-les-Moulineaux, Pâques 1939). « Appelé à d’autres tâches après le congrès », il ne fut pas réélu à la direction des JC (R. Guyot, Cahiers du bolchevisme, mai 1939).
Militant communiste clandestin dès 1940, Hemmen fut chargé en mars 1941 de l’organisation des Comités populaires, de la propagande et du sabotage dans les entreprises de la banlieue sud-ouest de Paris, en particulier Boulogne-Billancourt (Farman, Renault). Il était alors membre du triangle de direction de la région P9 (Ouest de Paris) avec Paul Pimort (propagande) et Henri Jourdain (politique), lui-même étant responsable aux « masses ». À compter du 1er mai 1941, la direction communiste l’affecta à l’OS (Organisation spéciale), organisation de combat armé d’où devaient naître les FTPF. Successivement chef de groupe, chef de détachement, chef de compagnie, il devint commandant de la subdivision sud-ouest des FTP de la région parisienne en mars 1942, puis début avril coordinateur de la région parisienne. Tombé dans une souricière le 28 avril 1942 à Saint-Ouen, il fut inscrit sur la liste des otages le 7 août 1942 et fusillé par les Allemands le 11 août 1942 au Mont-Valérien après trois mois et demi de secret.
Il fut inhumé le 3 décembre 1944 au cimetière de Billancourt et sa tombe est aujourd’hui dans le carré militaire de ce même cimetière. En 1946, il fut intégré chef de bataillon dans l’armée régulière à titre posthume.
Son épouse travailla comme dactylo auprès d’Auguste Lecœur. Son fils Jean-Pierre, né vers 1940, fréquenta les Pionniers et les Vaillants puis donna son adhésion aux Jeunesses communistes à treize ans et au Parti communiste à quatorze. Il fut secrétaire régional des Jeunesses communistes de Paris-Ouest.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – RGASPI, 495 270 683. – Notice du DBMOF par Jean Maitron et Claude Pennetier. – Rémi Skoutelsky, L’espoir guidait leurs pas. Les volontaires français dans les Brigades internationales 1936-1939, Grasset, 1998. – Louis Hemmen, La Résistance à Sevran, Municipalité de Sevran et ANACR, 1989. – Témoignage de son fils, Jean-Pierre Hemmen, 4 novembre 1998.

Claude Pennetier

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