Né le 7 mars 1906 à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), assassiné par la Milice et la Gestapo à Saint-Étienne (Loire) 5 juin 1944 ; tourneur outilleur ; militant communiste ; époux de France Bloch.

Fils de Joséphine Marie née Dorso et d’un tourneur sur métaux aux Chantiers de la Loire (Frédéric Marie Serazin) favorable aux idées socialistes (« sa sympathie va vers le socialisme et le communisme sans toutefois y faire de différence » écrivait son fils en 1938) et d’une concierge (séparée de son père elle fut aussi petite commerçante à Paris ; elle était croyante mais sensibles à l’influence politique de son fils), Frédo Sérazin obtint sur CEP. Il travailla dans une imprimerie de juillet 1918 à juillet 1919 puis entra dans la métallurgie comme tourneur et obtint un CAP. Sympathisant du Parti communiste depuis 1924 époque où il était en liaison avec les Jeunesses communistes de Trignac, militant de la CGTU dans la région parisienne lorsqu’il travaillait à Nieuport (1930-1931) et membre du CE du comité de chômeur de Malakoff en 1933, licencié de chez Citroën à la suite de la grève de mars-avril 1933, il n’adhéra au Parti communiste qu’en avril 1936 chez Hispano-Suiza. Il affirmait dans son autobiographie fournie à la commission des cadres en 1938 : « Rentré en 1935 chez Hispano, je suis resté encore un an inorganisé par la suite d’un certain sectarisme qui régnait dans la cellule existante. » Il entra au comité de section dès la conférence de section d’octobre 1936. Dès lors son influence s’affirma et il fut délégué au congrès national d’Arles (décembre 1937). Il fut secrétaire de cellule, secrétaire du comité d’usine puis succéda à Raymond Losserand au secrétariat de la section, lorsque ce dernier fut élu conseiller municipal.
Mobilisé en 1939, il fut affecté spécial à son usine. En février 1940, il fut arrêté en vertu de la loi sur les suspects et interné en mars 1940 au camp de Saint-Benoît (Seine-et-Oise). En juin 1940 il fut, avec les autres internés administratifs du camp, évacué sur Sisteron (Basses-Alpes), d’où il s’évada. Revenu à Paris, il fut à nouveau arrêté, moins de huit jours après son retour, en même temps que l’architecte Woog, qui partageait sa cache.
Woog fut guillotiné et Frédo Sérazin fut condamné à quatre mois de prison, l’accusation n’ayant pu relever contre lui que le délit d’évasion. Détenu à la Conciergerie, puis à Fresnes, il fut envoyé à Châteaubriant lorsque son temps fut écoulé. En mai 1942, il fut transféré à Voves. Sa femme, France Bloch, qu’il avait épousée en mai 1939, fut arrêtée à la même époque.
En 1943, il s’évada de l’hôpital de Chartres, où il devait subir une intervention chirurgicale, et vint rejoindre en Dordogne Madame Antoinette Touchet qui gardait son fils né en janvier 1940. Il rejoignit ensuite la zone sud, où il avait de la famille, et se vit confier des responsabilités par son parti. Le 15 juin 1944, il fut pris par la Milice et la Gestapo à Saint-Étienne (Loire), torturé et assassiné le même jour. On retrouva son corps le 16, devant le siège de la Gestapo à Saint-Étienne (Loire).
Il fut inhumé le 22 juin 1944 au cimetière de Cote-Chaude (Saint-Étienne) sous le nom de ses faux papiers, Jean Boulan. Exhumé le 21 juin 1946, il fut transféré au carré militaire du cimetière de Montmartre à Saint-Étienne puis inhumé au cimetière parisien de Bagneux le 13 octobre 1949.
Sources

SOURCES : Arch. Marty, E VIII. — Arch. RGASPI, Moscou, 495 270 2485, dossier personnel : autobiographie, Paris, 9 janvier 1938, 13 p. — Arch. Dép. Loire-Atlantique, 305 J. — La Voix du 14e, juillet et août 1945, 16 novembre 1946. — Rens. de Madame Antoinette Touchet et de Claude Bloch. — État civil.

Claude Pennetier, Nicole Racine

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