Né le 19 mai 1898 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), mort sous la torture le 6 août 1943 à Nantes ; agent technique des PTT ; militant syndicaliste et socialiste de Loire-Inférieure ; résistant.

Marcel Hatet était le fils d’un comptable. Après de solides études à l’EPS de Nantes, il entra en apprentissage. Jeune électricien, il s’intéressa aussitôt au mouvement syndical. Engagé volontaire en 1915, il fit l’objet de nombreuses citations. Il se maria en juin 1919 à Nantes avec Raymonde, Jeanne, Yvonne Douillard, comptable.
Après la guerre, il s’inscrivit à la Fédération éclairage force motrice et, en 1925, il créa le syndicat ouvrier des industries électriques de Nantes (CGT). Mais son activité lui valut d’être renvoyé des ateliers de Doulon. Après trois mois de chômage, il entra aux PTT et devint monteur électricien. Il se fit vite apprécier de ses camarades et fut élu secrétaire du syndicat des ouvriers des PTT. Le 14 octobre 1934, il fut élu secrétaire régional du syndicat national CGT des Personnels des services techniques des PTT (7e région). Il conserva cette fonction après la réunification syndicale en décembre 1935. Il fut aussi jusqu’à la guerre membre de la commission exécutive de l’Union locale de Nantes et membre de la commission administrative de l’Union départementale de Loire-Inférieure.
Il fut également un militant du Parti socialiste SFIO auquel il adhéra en 1918. Élu membre du comité fédéral de Loire-Inférieure en avril 1927, il fut secrétaire et trésorier du groupe de Doulon en 1927-1928, secrétaire adjoint de la section de Nantes, mais aussi trésorier adjoint de la Fédération socialiste de 1927 à 1931 et archiviste de cette même Fédération de mai 1934 à 1938. Candidat socialiste au conseil général dans le 5e canton de Nantes en 1928, candidat aux élections municipales de 1929 à 1935 à Nantes, il fut élu conseiller municipal de Nantes lors d’une élection complémentaire partielle en janvier 1936.
Il fut un grand animateur et put donner toute sa mesure dans les meetings du Front populaire. C’est lui qui, en particulier, organisa d’une façon parfaite, les grands rassemblements populaires du 11 novembre 1934 et du 14 juillet 1935 à Nantes.
Il fut aussi, de nombreuses années, secrétaire administratif de la Fédération ouvrière et paysanne des anciens combattants.
Il participa à la Résistance et fonda en août 1940 le groupe Attila (Association technique des agents des P et T) qui fut en liaison avec Libération. Recruté par l’Intelligence Service en 1943 dans le cadre du réseau Buckmaster, il assura des liaisons radio avec Londres et organisa vingt-six parachutages.
Arrêté le 5 août 1943, il mourut le lendemain sous la torture dans les bureaux de l’Hôtel Charette, place Louis-XVI à Nantes. Il fut enterré sous le nom de Franz Téhat (parfois écrit Tahet), témoignant de son refus de donner sa vraie identité. Son corps fut retrouvé le 17 janvier 1945, terrain de la Gaudinière à Nantes et identifié par sa veuve. Selon son acte de décès, il était domicilié 6 quai Fosse à Nantes.
Sources

SOURCES : Jean-Pierre Sauvage, Xavier Trochu, Mémorial des victimes de la persécution allemande en Loire-Inférieure, fusillés et exécutés, 2001. – Le Travailleur de l’Ouest, 1927-1939. – Le Réveil syndicaliste, 1934-1938. – Renseignements communiqués par les Archives de Nantes. – Notes Jean-Pierre Besse. – État civil.

Claude Geslin

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