Né le 20 avril 1903 à Parthenay (Deux-Sèvres), fusillé le 5 octobre 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; employé SNCF puis sabotier ; militant communiste des Deux-Sèvres ; membre du réseau Résistance-Fer.

Fils de Louis, employé aux tramways, et de Marie Bonnin, sans profession, André Bernardeau était employé à la SNCF. Marié sans enfant, il demeurait 151 bis rue de Strasbourg à Niort (Deux-Sèvres). Il adhéra au Parti communiste en 1935, et démissionna, à une date inconnue, de la SNCF pour refuser une nouvelle affectation (celle-ci était-elle une sanction pour son engagement politique ?).
Devenu sabotier, il fut l’un des membres du triangle de direction du Parti communiste dans les Deux-Sèvres, à partir de juin 1941, avec Roger Guillot et Eugène Gréau. Le 12 décembre 1941, une cabine de raccordement de câbles téléphoniques, chemin de Goise, sur la commune de Saint-Florent-les-Niort fut sabotée. Georges Texereau fut identifié comme l’auteur du sabotage.
Militant communiste, Louis Coulibeuf expédiait la propagande clandestine depuis Paris. Arrêté le 25 novembre 1941, il parla. Une liste d’une quinzaine de noms de militants de la région sud-ouest fut saisie. Une enquête était menée conjointement par la BS1 dirigée par le commissaire Fernand David et la 1re Brigade régionale de police mobile. En décembre 1941, treize militants communistes d’Angers (Maine-et-Loire) furent interpellés. Le 20 décembre, les policiers arrêtèrent cinq militants des Deux-Sèvres : René Manen, Eugène Greau, Pierre Paillas, Roger Guillot et André Bernardeau. Le militant communiste Georges Texereau également recherché échappa aux policiers ; il avait quitté son domicile.
À l’issue de l’enquête et des interrogatoires dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police, sur la demande du commandant SS-Sturmbannführer Karl Boemelburg, les cinq résistants furent emmenés 11 rue des Saussaies pour de nouveaux interrogatoires par les hommes de la Sipo-SD (police de la sécurité et de renseignement de la SS). Le commissaire David transmit également la procédure et les scellés. Sans nouvelle de son mari, son épouse écrivit en février 1942 au préfet de police de Paris. Elle demandait où était son mari, afin de lui faire parvenir des vêtements de rechange.
Vingt-huit militants, dont une femme, comparurent le 9 septembre 1942 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait à l’Hôtel continental. Dix-sept militants dont André Bernardeau furent condamnés à mort. Parmi les dix-sept, Odette Fauveau. Son mari Georges s’était défenestré le jour de son arrestation ; sa peine fut commuée en travaux forcés à perpétuité et elle mourut en déportation à Ravensbrück (Allemagne).
André Bernardeau fut passé par les armes avec douze autres militants le 5 octobre 1942 ; son nom figure sur la plaque commémorative « À la mémoire des cheminots morts pour la France » en gare SNCF de Niort.
Jean Bernardeau, né en 1920, ouvrier armurier, secrétaire de la section de Parthenay, fut membre du comité fédéral de 1955 à 1959. Il avait adhéré au Parti communiste en 1944. Y a-t-il un lien de parenté ?
Sources

SOURCES : Arch. PPo., 77W 193. – DAVCC, Caen, Boîte 5/B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Notice de François Tanniou, www.plaques-commémoratives. – Le semeur, 1946. – Mémorial GenWeb. – État civil, Parthenay.

Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

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