Né le 5 mai 1920 à Paris (XIIe arr.), fusillé le 22 août 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; livreur cycliste ; militant des Jeunesses communistes ; membre de l’Organisation spéciale (OS), résistant.

Lucien Engros était livreur cycliste dans une maison de vente de ficelle, 23 rue Vieille-du-Temple, Paris (IVe arr.). Il militait aux Jeunesses communistes du IVe arrondissement. Il rejoignit l’OS fin 1941 et fut arrêté le 8 mai 1942 par la BS2 des Renseignements généraux, suite aux aveux passés par Georges Tondelier. Dans le rapport trimestriel « Communisme et terrorisme » qu’établissait la préfecture de police de Paris pour le gouvernement de Vichy, les policiers imputèrent au « Juif Engros » sa participation à cinq attentats : « 1o) coupures de câbles électriques à Aulnay en janvier 1942 ; 2o) Tentative de destruction d’édifice et d’assassinat au ``Lido’’, avec plusieurs membres du ``groupe Fredo’’ [Pierre Georges, le futur colonel Fabien] ; 3o) Tentative de destruction d’édifice à l’aide de substance explosive et d’assassinat à la gare de l’Est, les 11 et 12 février 1942, avec Tondelier ; 4o) Complicité d’assassinat et de tentative de destruction d’édifice à l’aide de substance explosive et d’assassinat le 1er mars 1942 avec Tondelier, Tardif, Schœnhaar et Bret ; 5o) Tentative de destruction d’édifice à l’exposition ``Le Bolchevisme contre l’Europe’’, salle Wagram, le 8 mars 1942 avec Tondelier, Schœnhaar et Kirschen. » Des plans préparatoires à des attentats furent découverts à son domicile : l’un d’entre eux avait été établi par Léon Lachminovitch, qui fut arrêté à son tour. Plus grave encore pour Lucien Engros : une perquisition conduite chez son employeur conduisit à la découverte d’un pistolet 7,65 mm ayant été utilisé le 20 avril 1942 pour tuer un militaire allemand, le caporal-chef Rohland. Engros nia être l’auteur de cette action. Il fut néanmoins condamné à mort par une cour martiale de la Wehrmacht le 7 août 1942 et fusillé deux semaines plus tard au stand de tir de Balard.
Les deux frères de Lucien Engros furent également fusillés, Marcel le 23 mai 1942, André le 1er octobre 1943. Une plaque commémorative leur rend hommage à tous les trois sur la façade d’un immeuble où la famille avait habité, 18 rue des Écouffes dans le IVe arrondissement de Paris.
Sources

SOURCES : Archives de la CCCP, rapport « Communisme et terrorisme » de la PP (Notes Jean-Pierre Ravery). – Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, Le sang des communistes, Fayard, 2004. – Adam Rayski, Au stand de tir : le massacre des résistants, Mairie de Paris, 2006.

Jean-Pierre Ravery

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