Née le 7 avril 1913 à Marseille (Bouches-du-Rhône), fusillée le 5 août 1944 dans la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne) ; ouvrière textile ; membre du service radio du PCF clandestin, résistante.

Avant guerre, Joséphine Turin née Cavillini, issue d’une famille ouvrière, travailla aux filatures de La Capelette à Marseille. Militante communiste, elle fut l’une des dirigeantes du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme dans les Bouches-du-Rhône.
Arrêtée le 29 novembre 1940, placée en résidence surveillée à Tarascon, elle entra dans la clandestinité sous les pseudonymes de « Germaine », « Hélène » et « Denise ». En juin 1943, elle fut affectée au service radio du PCF clandestin et remplaça Geneviève Marcillac auprès de Francine Fromond en banlieue lyonnaise. Elle entreprit de se former aux techniques de transmission radio avec l’aide de sa camarade et d’un jeune instructeur venu de la région parisienne, Georges Vayssirat.
Repérées par la goniométrie allemande ou dénoncées à la Milice selon les versions, les deux militantes et Germaine Frémond furent arrêtées le 30 juillet 1943 dans la maison de Saint-Vérand (Rhône) d’où elles émettaient. Torturées par la Gestapo à Lyon, jugées une première fois à Paris en janvier 1944, puis à Lyon, elles furent condamnées à mort par un tribunal de guerre. Incarcérées au secret dans la prison de Fresnes, Germaine Frémond mourut des suites des sévices, Joséphine et Francine y furent finalement exécutées le 5 août 1944. Le mari de « Fifi » Turin qui était responsable militaire régional FTP dans le Vaucluse sous le pseudonyme de « Clément » fut tué dans les combats de la Libération.
La mère, le frère et la sœur de Joséphine Turin, ainsi que son beau-frère Roger Garassino, se mirent à la recherche de sa dépouille. Ce dernier contacta notamment l’aumônier militaire allemand de la prison de Fresnes, l’abbé Franz Stock, pour tenter d’avoir des informations. Le prêtre lui communiqua les coordonnées en Allemagne de son collègue qui était en charge du quartier des femmes mais la démarche semble être restée vaine. En septembre 1945, la direction du PCF leur indiqua qu’un corps inhumé anonymement au cimetière de Bagneux pourrait être le sien et les invita à venir à Paris pour tenter de l’identifier.
Joséphine Turin fut déclarée « morte pour la France ». Une rue du quartier de La Capelette de Marseille porte son nom.
Sources

SOURCES : Archives de la CCCP, dossier « service radio » : Notes Jean-Pierre Ravery. – Provence nouvelle, mai 1943.

Jean-Pierre Ravery

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