Né le 30 mars 1922 à La Forest (Finistère), fusillé le 12 mai 1941 à Brest (Finistère) ; peintre ; membre du PCF clandestin dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor).

Son père, Yves Guéziec, né le 20 avril 1884 et décédé le 1er juin 1965 à Trémel, était retraité des chemins de fer, et demeurait au Rest en Trémel. André Guéziec faisait partie de la petite communauté de l’Église réformée installée dans cette commune depuis les années 1880. Sa mère lui donna une éducation protestante.
Depuis octobre 1940, il travaillait à l’aérodrome de Morlaix situé sur la commune de Ploujean (Finistère) contrôlé par les Allemands. Arrêté le 22 janvier 1941, il fut condamné à mort le 14 avril 1941 à Brest par les Allemands (K 752 de Quimper) « pour intelligence avec l’ennemi et pour avoir favorisé l’ennemi ». Il fut exécuté le 12 mai 1941 à 16 h 45 à la caserne Fautras (aujourd’hui disparue à la suite des bombardements américains lors de la prise de Brest en août 1944), rue Duguesclin à Brest. Les autorités françaises ne semblent pas avoir été informées des conditions de son arrestation et de son exécution. En effet, le préfet des Côtes-du-Nord, dans un courrier daté du 1er juin, indique qu’il a appris la mort de Guéziec par l’apposition d’affiches faite par la Feldkommandantur de Quimper. Il fut informé des circonstances de l’exécution par le courrier envoyé par le chanoine Coutret qui assista André Guéziec dans ses derniers instants, en l’absence du pasteur de Brest. Selon le curé de la paroisse de Saint-Louis, André Guéziec avait été pris en possession d’un plan de Morlaix à l’intention d’un camarade qui devait venir le voir. Les autorités allemandes considérèrent qu’il s’agissait d’une information sur le terrain d’aviation où il travaillait. Guéziec clama son innocence en vain. Son père vint le voir à la prison de Morlaix au début du mois de février. Dans une lettre adressée à sa mère le 18 mars, Guéziec indiqua qu’il était inculpé d’espionnage et de tentative d’évasion vers l’Angleterre.
Selon les responsables de l’ANACR Roger Rioual et Marcel Diguerher, anciens responsables de la Résistance du secteur, André Guéziec faisait partie avec Jean Person et Aristide Paris du triangle de l’Organisation spéciale de Trémel mis en place par le Parti communiste clandestin dès l’automne 1940 dans le canton de Plestin-les-Grèves. Une cellule du PCF existait avant guerre, dans la commune, dirigée par Louis Rivoalen, conseiller municipal déchu en 1940, futur maire de la commune après la Libération. André Guéziec était l’ami de Roger Sourimant, ouvrier teilleur de lin, dont les frères étaient des militants communistes.
Son frère Édouard Guéziec fut assassiné par les Allemands le 28 juin 1944 à la maison de la Pépinière à Plouaret. Le nom des frères Guéziec figure sur Le monument cantonal de la Résistance en Plestin-les-Grèves.
Site des Lieux de Mémoire du Comité pour l’Étude de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Dép. Côtes-d’Armor, 2W110, 2W135. – Christian Bougeard, Le choc de la Deuxième Guerre mondiale dans les Côtes-du-Nord, thèse de doctorat d’État, Rennes II, 1986. – Jean Boutouiller, « Été 44, Résistances et Libération en Trégor », Skol Vreizh, no 56, 2004. – Louis Pichouron, Mémoire d’un partisan breton, Presses universitaires de Bretagne, 1969. – Alain Prigent, Histoire des communistes des Côtes-du-Nord (1920-1945), Saint-Brieuc, 2000. – Alain Prigent, « La SPAC contre le PCF clandestin », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 6/7, 1998. – Témoignage de Léontine Person recueilli par Marcel Diguerher.

Iconographie
Iconographie : photo d’André Guéziec, affiche de sa condamnation à la peine de mort et de son exécution tirée à 993 exemplaires pour le département des Côtes-du-Nord.

Alain Prigent, Serge Tilly

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