Né le 19 mai 1901 à Paris (XXe arr.), fusillé le 11 avril 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; électricien ; résistant FTPF.

Paul Jourdheuil
Arch. PPo. (avec l’aimable autorisation des Archives PPo).
Électricien employé par la Compagnie parisienne de distribution d’électricité (CPDE), Paul Jourdheuil adhéra au PCF en 1935 (cellule de la CPDE). Il aurait auparavant été élu à la commission exécutive confédérale de la CGTU à l’issue de son VIe congrès tenu à la salle Magic-City (Paris) du 8 au 14 novembre 1931. Paul Jourdheuil était aussi membre du Secours populaire et de l’Association des amis de l’URSS.
En 1939, Paul Jourdheuil était responsable de l’activité du PCF dans les entreprises du XVIIe arrondissement de Paris. Au cours de l’été 1940, il reprit contact avec l’organisation illégale et assuma d’abord son ancienne tâche dans le XVIIe. Début 1941, il devint responsable régional à l’organisation pour Paris-Sud. Par la suite, il fut chargé de la responsabilité des masses sur la même région.
En août 1942, Paul Jourdheuil démissionna de la CPDE pour devenir responsable régional à l’organisation sur la Seine-et-Marne (région « P3 »), puis, sur la même région, responsable politique. Il était rétribué par le PCF clandestin. Il habitait 86 rue Olivier-de-Serres dans le XVe arrondissement et utilisait la fausse identité de « Faivre ». Fin 1942, Il devint responsable politique pour la banlieue Est de Paris (région « P5 »). Par la suite, la fonction fut transformée en celle de « commissaire aux effectifs ».
Paul Jourdheuil fut finalement arrêté par des policiers des Renseignements généraux parisiens sur les lieux d’un rendez-vous qu’il avait avec Robert Fouquet. Des rapports d’activité, des cartes d’alimentation à différents noms et des titres de rationnement émanant des mairies des XVIIIe et XXe arrondissements furent saisis tant sur sa personne qu’au cours de la perquisition effectuée à son domicile.
Livré aux Allemands, Paul Jourdheuil fut condamné à mort par un tribunal de guerre le 23 mars 1944 avec une vingtaine d’autres Francs-tireurs et partisans (FTP) de la région parisienne, parmi lesquels Joseph Epstein et Robert Fouquet. Le 11 avril, ils furent exécutés au Mont-Valérien.
Après-guerre, la CCAS (Caisse centrale d’activités sociales des électriciens et gaziers) baptisa de son nom un tournoi annuel de volley-ball.
Sa femme, Marcelle Jourdheuil, née en 1899, mena également une action de Résistance en qualité de responsable FTP Paris-Nord. Arrêtée le même jour que son mari, elle fut internée comme lui à Romainville et à Fresnes puis déportée en mars 1944 au camp de Ravensbrück puis de Mauthausen. Elle en fut libérée par la Croix-Rouge suisse le 22 avril 1945 et resta ensuite en liaison avec la Caisse centrale d’activités sociales d’EDF-GDF (CCAS).
Sources

SOURCES : Arch. PPo. – Arch. CCCP (Notes Jean-Pierre Ravery). – Jean Maitron, Michel Dreyfus, [Électriciens-Gaziers], Éd. ouvrières, 1996. – R. Gaudy, Les porteurs d’énergie, Paris, Temps actuels, 1982, avec notamment une photographie de P. Jourdheuil ainsi que sa dernière lettre à sa femme, p. 128-129. – Afin que nul n’oublie, CCAS, 1980, 32 p. – CCAS-Information, no 67, novembre 1981.

Iconographie
ICONOGRAPHIE : Arch. préfecture de police de Paris.

Jean-Pierre Ravery

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