Né le 7 mai 1912 à Saïgon (Indochine, Viêt Nam), fusillé comme otage le 22 octobre 1941 à Châteaubriant (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; professeur ; militant communiste.

Fiche des RG sur Huynh Khuond an, 29 juillet 1941
Fourni par Daniel Grason.
Musée de la résistance nationale
Le père de Khuong An Huynh dirigeait une école à Saïgon. Son fils se rendit en France à l’âge de douze ans, fut interne au lycée du Parc de Lyon et sortit ensuite de la Faculté de Toulouse licencié ès lettres.
En 1936, Khuong An Huynh devint à Lyon secrétaire des étudiants communistes qui, la même année pendant les grèves, organisèrent la solidarité avec les travailleurs, en particulier aux usines Berliet. Ce fut, sans doute, à cette époque que Khuong An Huynh fit connaissance et se lia avec Germaine Barjon née Ferrazzini qui militait alors dans l’organisation des Amis de l’Union soviétique et y occupait des responsabilités nationales. Ils vécurent maritalement et eurent un enfant en 1936.
À la fin de l’année 1938, Khuong An Huynh poursuivait ses études et préparait l’agrégation à Paris. À la déclaration de guerre, il participa à la vie clandestine du Parti communiste. De son côté, pour les Amis de l’Union soviétique, Germaine Barjon rétablit les liens entre Paris et la province. Huynh Khuong An, qui écoutait Radio-Moscou, fournissait à Germaine Barjon des éléments permettant la parution illégale de Russie d’aujourd’hui, l’organe des Amis de l’Union soviétique.
En 1940, il obtint un poste de professeur stagiaire de latin au lycée de Versailles où il fut arrêté le 18 juin 1941 par la police française. Lors de la perquisition qui avait précédé, il déclara vivre de leçons particulières et de ses économies. La police découvrit du matériel de propagande, de l’argent et des habits appartenant à un certain « Michel » qui selon la police était Karl Becker, ancien député communiste au landtag de Prusse, vivant avec une communiste allemande qui fut arrêtée sur place. Lors de son interrogatoire, Huynh Khuong An déclara : « Je n’ai jamais appartenu au Parti communiste ni à aucun organisme s’y rattachant. » Emprisonné à la Santé, il fut interné, le 13 juillet, au camp de Choisel. Livré aux Allemands à Châteaubriant, il a été fusillé le 22 octobre 1941 comme otage en représailles à l’attentat de Nantes contre l’officier Hotz.
Germaine Barjon, également arrêtée, fit un séjour à la prison de Fresnes, puis à la prison centrale de Rennes, avant d’être condamnée à vingt ans de travaux forcés. Elle fut déportée à Ravensbrück puis à Zwodau.
Un hommage a été rendu à Huynh Khuong An le 24 octobre 2014 par la Ville de Paris, avec la pose d’une plaque au 6 avenue de la Porte-de-Brancion (XVe arr.), immeuble où il a habité.
Selon un chercheur travaillant sur le mouvement communiste en Suisse romande, le "beau-père" de Huynch-Kuong An, Edouard Ferrazzini. était un militant communiste à Genève. Une campagne e solidarité avait eu lieu en Suisse, après la mort de Huynch-Kuong An.
Sources

SOURCES : Arch. PPo, 77W 24. – DAVCC, Caen, BVIII dossier 2. – RGASPI, 517 2 27. – Alfred Gernoux, Châteaubriant et ses martyrs, Nantes, Éd. du Fleuve, 1946. – Lettres des fusillés de Châteaubriant, éditées par l’Amicale des anciens internés patriotes de Châteaubriant-Voves, 1954. – Fernand Grenier, Ceux de Châteaubriant, préface de Jean Marcenac, 3e éd., 1967. – Francis Lasnier, « La gloire tardive du résistant vietnamien Huynh Khuong An », Mémoires vives. Revue de l’Institut d’histoire sociale CGT Île-de-France, oct.-déc. 2014. – Notes Jacques Girault et de Klementz Fontannaz

Iconographie
ICONOGRAPHIE : Lettres des fusillés de Châteaubriant..., op. cit.— Fernand Grenier, Ceux de Châteaubriant..., op. cit.

Jean-Pierre Besse, Michel Dreyfus

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