Né le 10 novembre 1881 à Limoges (Haute-Vienne), décapité le 7 janvier 1944 à Cologne (All.) ; résistant ; mouvement « Combat » Nord.

Fils d’Édouard Le Gualès de Vileneuve, propriétaire, âgé de vingt-quatre ans, demeurant à Limoges, au n° 3 de la rue neuve Sainte-Valérie, et de son épouse Valérie Marie Barbou des Courières, âgée de vingt-neuf ans, sans profession.
Charles Le Gualès fit partie de la classe de recrutement 1901. À ce moment-là, il résidait à Eymoutiers ; il était étudiant. Appelé à l’activité le 15 novembre 1902, il arriva au 11e régiment de cuirassiers le même jour (matr. 1454). Il devint brigadier le 11 juin 1903, brigadier-fourrier le 19 septembre, et maréchal des logis le 22 septembre 1904. Il termina son service le 21 septembre 1905, avec un certificat de bonne conduite. Le 23 avril 1909, il résidait à Paris (IXe arr.), au 22 rue Clauzel.
Il fut cependant déclaré insoumis le 2 juin 1909, pour une raison inconnue, mais il se présenta volontairement au consul de France le 3 août 1914, et fut amnistié par la loi du 5 août 1914.
Charles Le Gualès fut rappelé à l’activité par décret du 1er août 1914. Il arriva au 2e régiment de dragons le 3 août. Nommé adjudant le 26 août 1914, il fut promu sous-lieutenant de réserve par décret du 25 juillet 1915.
Il fut affecté par décision ministérielle du 17 juillet 1916 au 12e régiment de cuirassiers, pour y prendre le commandement d’une section de mitrailleuses. Il fut nommé lieutenant le 24 octobre de la même année (JO du 27 oct.), avant d’être démobilisé le 12 mai 1919. Il fut alors envoyé au dépôt démobilisateur du 2e régiment de hussards, et déclara se retirer à Londres.
Le 8 mai 1928, il résidait dans le VIIIe arrondissement de Paris, au 10 rue du Baigneur.
Charles Le Gualès appartint au réseau « Hector » et au mouvement « Combat » (zone Nord), et plus précisément au groupe « Ricou » rassemblant Paul et Elizabeth Dussauze, Marthe Delpirou, Philippe Le Forsonney, sous l’autorité de Tony Ricou. Il assura la liaison avec divers groupes de résistants, mais aussi avec les équipes de trois journaux clandestins : Pantagruel (Raymond Deiss), La France Continue (Paul Petit) et Valmy (Raymond Burgard), diffusés par le secrétariat du 176 quai Louis-Blériot.
D’après Fabrice Bourrée, il existait un groupe « Le Gualès » au ministère des Finances, qui avait des liens avec Paul Petit (qui occupait des fonctions diplomatiques avant guerre), dont Charles le Gualès de Villeneuve était un ami de longue date. À la suite de l’infiltration d’un agent double, Jacques Desoubrie, et dans le cadre d’une opération d’envergure menée par les services du contre-espionnage allemand, l’Abwehr, les Allemands arrêtèrent Le Gualès et son groupe le 5 février 1942 (le 8 selon le registre matricule), qu’ils enfermèrent à Fresnes. Le lendemain, Paul Petit et Marietta Martin furent appréhendés à leur tour.
Charles Le Gualès fit partie du convoi I.44, qui emporta cinquante personnes classées « Nacht und Nebel » de Paris vers Trèves le 10 juillet 1942, dont Louis Ferchaud et [Fortuné Stévenot→177549]. Le train emmena également Philippe Le Forsonney, Marietta Martin, André Noël, Paul Petit. Jeanne Sivadon avait déjà été emmenée en juin 1942 (convoi I.40). Marthe Delpirou, Élizabeth Dussauze furent acheminées par le convoi I.46, parti en juillet 1942. Paul Dussauze, Raymond Deiss furent du convoi I.56, en partance pour Trèves le 9 octobre 1942. Paul Burgard fut déporté par le convoi I.50, parti de Paris le 28 août 1942. Partirent le 23 septembre 1942 (convoi I.54) Gabriel Clara, Abel Laville et Georges Tainturier. On ignore encore comment Tony Ricou fut transporté en Allemagne.
Transféré à la prison de Saarbrücken (All.), Charles Le Gualès fut jugés le 12 ou 19 octobre 1943 (selon les sources) par le Tribunal du peuple (Volksgerichtshof), siégeant à Cologne, chargé des affaires ""NN"" venant de France avant le transfert des compétences vers la ville de Breslau (Silésie), à la suite des bombardements dans la région durant l’été 1943. Plusieurs condamnations à mort furent prononcées, visant Charles Le Gualès, Jane Sivadon, Élizabeth Dussauze, André Noël, Paul Dussauze, Tony Ricou, Raymond Burgard. L’intervention de diplomates étrangers obtint un sursis d’exécution de la sentence du tribunal en faveur de Paul Petit ; il fut finalement exécuté le 24 août 1944 à Cologne. Les autres peines se partagèrent entre la prison et les travaux forcés.
La prison de Klingelpütz, à Cologne, fut le lieu de nombreuses exécutions. C’est probablement là que furent décapité Charles Le Gualès et ses compagnons d’infortune, le 7 janvier 1944 : Louis Durand, Paul Dussauze, Michel Edvire, Gualbert Flandrin, Alexandre Gandouin, Gabriel Clara, Christian Héraude, Robert Héraude, Abel Laville, Charles Le Gualès de la Villeneuve, André Noël, Tony Ricou, Georges Tainturier, Adrien Thomas et Albert Vandendriessche.
L’acte de décès fut transcrit à la fois à la mairie de Limoges et à celle de Mortefontaine (Oise).
Reconnu « mort pour la France » (AC 21 P 74145), Charles Le Gualès fut homologué FFC et DIR (GR 16 P 357110). Par arrêté du directeur général de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre en date du 6 janvier 2012, les actes le concernant peuvent porter la mention « Mort en déportation » (JO n° 55 du 4 mars 2012).
Son nom figure sur la plaque commémorative de la mairie de Courmont (Aisne), sans que le lien entre cette localité et lui soit encore établi :
« Commandant
LE GUALES Charles
décapité à Cologne
en 1942 [sic] ».
On peut aussi le lire sur le monument aux morts de Ver-sur-Launette (Oise) : il résidait en dernier lieu au hameau de Loizy.
Sources

SOURCES. SHD, dossiers adm. des résistants. Arch. dép. Haute-Vienne, 1 R 605 (reg. matr., bureau de Limoges, n° 503). — Sites Internet : Généalogie Aisne ; mémorial GenWeb ; FMD ; arr. du du 6 janv. 2012 ; Mémoire des hommes ; notice de Fabrice Bourrée. — État civil de Limoges, 3 E 85/291 (acte n° 1537).

Frédéric Stévenot

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