Né le 19 avril 1903 à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), exécuté sommairement le 13 juin 1944 au Fenouillet, commune de la Roque-d’Anthéron (Bouches-du-Rhône) ; ouvrier, docker ; syndicaliste CGT et communiste ; résistant du Front national de lutte pour la libération de la France et des Francs-tireurs et partisans français (FTPF).

Paul-Baptistin Lombard
Jacky Rabatel, op. cit, p. 271
Né à La Ciotat dans une famille de petits commerçants, fils de Henri, Marius Lombard et de son épouse, Emma, Mathilde, Thérésine, née Roux, Paul-Baptistin Lombard, se maria, dans sa ville natale, le 17 février 1927, avec Cesarie, Joséphine, Léonie Eygasier. Père d’un enfant, il vint ensuite travailler à Martigues, à la raffinerie de Lavera, puis à l’usine Verminck. Il fut, après 1935, le secrétaire du syndicat CGT des produits chimiques, puis le créateur de l’union locale CGT et de la Bourse du Travail de Martigues. Licencié après la grève de novembre 1938, il exerça alors divers métiers, dont celui de docker sur le port de Caronte. Il adhéra au Parti communiste en 1940, pendant la « drôle de guerre ». Il joua un rôle important, à Martigues, dans la reconstitution clandestine du PCF, et, plus tard, dans la mise sur pied du Front National de lutte pour la libération de la France. Arrêté par la police, le 10 octobre 1941, il fut acquitté, en décembre, faute de preuves.
Le 8 juin 1944, il se rendit à la réunion organisée par les Mouvements unis de Résistance chez Robert Daugey*, avant le départ pour le maquis, pour signifier le désaccord de son organisation avec cette initiative. Mais, peu après son arrivée au domicile de Robert Daugey, les participants à cette réunion furent arrêtés par les services allemands. Paul-Baptistin Lombard et ses camarades furent conduits à Marseille et interrogés par la SIPO-SD (la « Gestapo »). Il apparaît dans le « rapport Catilina », établi par la « Gestapo », sous le numéro 9, comme « membre des FFI ». Extrait de sa prison marseillaise, il fut fusillé par les Allemands, le 13 juin 1944, avec vingt-sept autres résistants, dans la clairière du Fenouillet, près de la Roque d’Anthéron. Le 17 octobre 1944, la presse régionale annonça que l’on venait de découvrir le destin tragique et le lieu d’exécution des huit résistants des Martigues, dont les familles étaient à la recherche depuis la Libération. Mais ce n’est que le 19 octobre que leurs dépouilles furent exhumées et identifiées. Paul-Baptistin Lombard fut inhumé définitivement au cimetière Saint-Pierre de Martigues, comme ses compagnons originaires de cette ville, au cours d’obsèques solennelles, en présence d’une foule nombreuse, le 21 octobre 1944.
Paul-Baptistin Lombard a obtenu les mentions « Mort pour la France » et « Interné Résistant » et fut homologué adjudant, à titre posthume. Son nom figure sur la stèle érigée dans la clairière du Fenouillet et sur le mémorial du maquis de Sainte-Anne à Lambesc. À Martigues, il a également été donné à la rue des Moulins, dans le quartier de Jonquière, où il habitait. Son fils Paul Lombard fut, pendant plusieurs années, député-maire (communiste) de cette ville et conseiller général du canton de Martigues.
Voir Le site du Fenouillet.
Sources

SOURCES : AVCC Caen, 21P 479610, 21P 84507. — Arch. nationales, 72 AJ 104, AIII 7 bis, le Kommandeur de la SIPO et du SD de Marseille, « Rapport final […] Affaire Catilina », Marseille, 6 juillet 1944, signé Dunker, SS Scharführer. — Jacky Rabatel, Une ville du Midi sous l’Occupation, Martigues, 1939-1945, Martigues, Centre de développement artistique et culturel, 1996. — Madeleine Baudoin, « Témoins de la Résistance en R2, intérêt du témoignage en histoire contemporaine », thèse de doctorat d’État, Université de Provence, 1977 — Robert Mencherini, Résistance et Occupation (1940-1944). Midi rouge, ombres et lumières, tome 3, Syllepse, 2011.— État civil.

Antoine Olivesi, Robert Mencherini

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