Né le 20 novembre 1921 à Waziers (Nord), fusillé le 28 mai 1943 à Biard (Vienne) ; instituteur ; militant des Jeunesses communistes ; dirigeant de l’Organisation spéciale (OS) de combat, résistant FTPF.

Germinal Martel
Germinal Martel était le second fils d’Élise Woulzez et d’Henri Martel, mineur, élu en 1936 député du Douaisis et conseiller de la République après la guerre. Comme son frère aîné, Aimable Martel, Germinal Martel adhéra aux Jeunesses communistes dès l’entre-deux-guerres ; il fut élève à l’École normale de Douai de 1936 à 1939 et nommé instituteur à Auby à la rentrée de 1939. Mais il fut révoqué aussitôt.Il était décrit par la police comme un jeune homme mince, d’un mètre 70.
Après de nombreuses difficultés, aucun employeur ne voulant de lui, Germinal Martel parvint à trouver un emploi de livreur à Sin-le-Noble : sur un triporteur, il allait porter le pain à domicile pour un boulanger moins soumis aux pressions de l’époque.
Dès la fin juin 1940, il joua un rôle essentiel dans la reconstitution du Parti communiste avec Martha Desrumeaux et participa aux premières réunions dans ce sens. Le 17 juillet 1940, il participa avec Martha Desrumeaux, Joseph Hentgès, Henri Fiévez, Julien Hapiot du Pas-de-Calais, Louis Moison d’Archel, Émile Pattiniez et Siméon Leroy à une réunion tenue chez Jean Courtecuisse, cultivateur à Templeuve. Dans la seconde quinzaine de juillet 1940, il fit partie du collectif de direction du Parti communiste du Douaisis avec Jules Domisse d’Aniche, Louis Chantreau d’Aniche, Léon Demoutiez de Fenain, Jules Bridoux de Fenain et Emmanuel Charlet de Sin-le-Noble. Il mit Eusebio Ferrari en relation avec Félicien Joly et René Denys. À l’automne 1940, la Jeunesse communiste reprit son autonomie ; il en assura la direction pour le Nord avec René Denys de Lille, Félicien Joly d’Escaudain et Eusebio Ferrari de Fenain. Julien Hapiot prit la direction pour le Pas-de-Calais. En août 1940, Germinal Martel rencontra Madeleine Vincent alias « Mariette », puis « Clair de lune », responsable de l’interrégion Nord-Pas-de-Calais de la Jeunesse communiste. Il la remplaça à ce poste le 9 janvier 1942 quand elle fut arrêtée en gare de Douai. Il garda cette responsabilité jusqu’à son remplacement par Jean Bracq de Caudry, lui-même fusillé au Vert-Galant le 1er juillet 1942.
En juillet 1941, il fut chargé de créer l’Organisation spéciale de combat (OSC) dans le Nord. L’OS était issue des groupes de protection du Parti communiste. En avril-mai 1942, elle devint les FTPF. Georges Capelle de Roost-Warendin fut chargé de l’OS du Pas-de-Calais. Germinal Martel avait pris une part importante dans la préparation des grèves de mineurs du début 1941, puis de mai 1941. Le 24 août 1941, il participa au sabotage de l’écluse de Warlaing sur la Scarpe avec Eusebio Ferrari, André Bridoux, François Sans, Sylvano Lunazzi et Roger Dewambrechies. En janvier 1942, Germinal Martel quitta le Nord avec Jules Bridoux ; le premier devint responsable des FTPF à l’échelon national à Paris en 1943 tandis que le second était affecté à l’inter-région de Normandie. Il fut condamné à mort par contumace par la Section spéciale de Douai.
Germinal Martel fut ensuite nommé responsable des FTPF dans la région de Poitiers. Il avait comme pseudonyme Le Rouquin. . Arrêté le 15 février 1943 à Châtellerault par la Deuxième brigade régionale de Police de sûreté, inculpé "d’activité terroriste", il fut condamné à mort le 25 mai 1943 par le tribunal militaire allemand de Poitiers (FK 677) et fusillé au camp de Biard le 28 mai 1943.
Il fut homologué, à titre posthume, sous-lieutenant FFI.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Musée de la Résistance à Denain (Nord). – Arch. Dép. Nord, 1874 W 145 (notes et clichés de Francis Calvet de la BiMOI). — Note Jean-Pierre Besse. – État civil.

Odette Hardy-Hémery, Michel Rousseau

Version imprimable de cet article Version imprimable