Né le 1er août 1906 à Boutiers-Saint-Trojan (Charente), fusillé comme otage le 24 octobre 1941 au camp militaire de Souge, commune de Martignas-sur-Jalle (Gironde) ; médecin ; militant communiste ; résistant.

Fils d’un avoué à la Cour, Charles Nancel-Pénard fit des études de médecine à Bordeaux (Gironde). Passionné de sport, il fut champion de France simple messieurs d’aviron. Devenu docteur en médecine le 23 octobre 1935, il fut admis comme médecin du sanatorium Xavier-Arnozan à Pessac. Sa recherche des causes de la tuberculose le mit en contact avec des militants ouvriers. Adhérant au Parti communiste, il quitta le sanatorium, de février à octobre 1938, pour s’engager en Espagne républicaine où il organisa un hôpital de campagne à l’arrière du front. À son retour, il ne put reprendre sa place à l’hôpital et installa un cabinet à son domicile.
Mobilisé en septembre 1939, il fut médecin auxiliaire au 3e bataillon du 218e Régiment d’infanterie stationné à Bayonne (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques). L’autorité militaire connaissant ses opinions politiques, il fut envoyé dans l’extrême sud marocain et ne revint à Bordeaux qu’après l’armistice. Il prit contact avec quelques dirigeants du PCF passés dans l’illégalité et participa à l’action clandestine. Son domicile de Pessac ayant été perquisitionné une première fois le 9 mai 1940, la police trouva lors d’une seconde perquisition, le 22 novembre, un stencil qui devait servir à l’édition de journaux.
Charles Nancel-Pénard fut arrêté et interné au quai de Bacalan à Bordeaux. Les démarches effectuées par sa femme, Marie Jeanne Marsan, une ouvrière qu’il avait épousée en janvier 1939 à Caudéran (Gironde), n’aboutirent pas à sa libération, malgré le soutien qu’elles obtinrent de la part de ses anciens chefs militaires et des membres du corps médical. En juin 1941, il fut enfermé dans un baraquement spécial du camp de Mérignac, réservé à vingt « otages ». Nancel y organisa une grève de la faim qui dura six jours et qui valut aux vingt détenus de la « baraque des otages » le droit de circuler dans le camp pendant la journée. Dans la nuit du 23 au 24 octobre 1941, le préfet vint en personne lui demander de renier ses engagements pour avoir la vie sauve : il refusa. Il fut numéro 6 sur la liste des fusillés.
Charles Nancel-Pénard a été fusillé au camp militaire de Souge le 24 octobre. Selon le témoignage de l’aumônier, il refusa d’avoir les yeux bandés et fit chanter « La Marseillaise » à ses compagnons.
À la demande de sa femme, la mention « Mort pour la France » lui fut attribuée fin février 1945, au titre de victime civile.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, dossier 21 P 381676. – H. Chassaing, G. Durou, Hommage aux fusillés de la région bordelaise, fasc. 1, 1940/41, Bordeaux, IRM, 1987. – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Christophe Dabitch, 24 octobre 1941. Bordeaux. Les 50 otages, un assassinat politique, Éd. CMD, s.d., p. 101. – Comité du souvenir des fusillés de Souge, Les 256 de Souge, op. cit.

Marie-Louise Goergen, Claude Pennetier

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