Né le 20 novembre 1903 à Sartrouville (Seine-et-Oise, Yvelines), fusillé le 21 octobre 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; ajusteur mécanicien ; membre de l’Organisation spéciale ; résistant.

Fils de Auguste, charpentier de navires, et de Marguerite, née Duval, Edmond Fantin épousa Camille Bildé le 13 février 1926 à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine). Le couple demeurait dans la ville 2 place Nationale (place des Victoires). Il alla à l’école primaire, obtint le certificat d’études primaires. De la classe 1923, mobilisé le 2 septembre 1939, il était démobilisé le 3 mai 1940 comme affecté spécial à la Compagnie des machines pneumatiques rotatives, 24 rue Villebois-Mareuil à Asnières.
En 1942, Édouard Larat, qui habitait aussi à Asnières, fut arrêté. Interrogé par les Allemands du Sonderkommando IV à l’hôtel Bradford, il lâcha le nom de Fantin. Ce dernier l’aurait mis en relation avec Paul Thierret qui lui demanda de recruter des patriotes en vue de constituer une armée populaire dite TP. Le 19 juin 1942 à 5 h 30 du matin, trois inspecteurs de la Brigade spéciale 2 arrêtaient Edmond Fantin à son domicile situé au 6e étage. La perquisition fut infructueuse, il ne portait sur lui ni arme ni objet suspect.
Interrogé à la préfecture de police dans les locaux de la BS2, il protesta contre l’accusation dont il était l’objet, affirma ne pas connaître Larat. Il déclara que jamais il ne fut membre du Parti communiste, ni même syndiqué. Les policiers lui présentèrent plusieurs photographies de militants qualifiés de « terroristes » de la région d’Asnières, il n’en reconnut aucun. Deux autres résistants, Maurice Pellerin et Lucien Micaud, également d’Asnières, arrêtés, déclarèrent qu’ils passèrent le réveillon avec Fantin. De nouveau interrogé, Edmond Fantin convint qu’il passa ce réveillon de 1941 chez un voisin de palier où il y avait cinq ou six jeunes. Il ne reconnut personne sur les photos présentées, dont Pellerin et Micaud dont le nom lui rappelait quelque chose. Dans l’espoir de lui sauver la vie, des membres de sa famille déclarèrent qu’ils étaient prêts à aller travailler en Allemagne.
Livré au Sonderkommando IV, Edmond Fantin fut incarcéré à la prison de Fresnes puis à la Santé. Il fut condamné à mort par le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) le 30 septembre 1942 pour « aide à l’ennemi », ainsi que Paul Thierret, Lucien Micaud et Édouard Larat. Tous les quatre étaient membres de l’Organisation spéciale créée par le Parti communiste. Le 21 octobre ils étaient passés par les armes au champ de tir du ministère de l’Air dans le XVe arrondissement.
Sa femme Camille fut entendue le 9 juin 1945 par la commission d’épuration de la police. Elle déclara ignorer si son mari fut victime de sévices lors des interrogatoires au siège des Brigades spéciales. Elle ne reconnut sur photographies aucun des inspecteurs, elle porta plainte contre ceux qui l’arrêtèrent qu’elle considérait comme responsable de sa mort.
Une voisine lors d’une alerte eut une altercation avec Fantin au sujet des Anglais et des Allemands. Celle-ci prenant partie pour les seconds, et ce quelques jours avant son arrestation, elle fut soupçonnée à tort d’être une dénonciatrice.
Edmond Fantin fut inhumé dans le carré des fusillés du cimetière d’Asnières, le conseil municipal donna son nom à une rue de la ville. Edmond Fantin figure sur la plaque commémorative avenue de la Porte-de-Sèvres « Ici sont morts fusillés par les nazis », aux côtés de cent quarante-cinq autres fusillés.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BA 2117, KB 1, 77W 353, 77W 1340. – DAVCC, Caen, Boîte 5 B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Arch. mun. Asnières. – Mémorial GenWeb. – État civil, Sartrouville.

Daniel Grason

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