Né le 7 novembre 1891 à Lesnaia-Roudnia (Russie), fusillé comme otage le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; manœuvre.

Fils de Jean et de Barve, née Volochinsky, Paul Andreitchouk, célibataire, arriva à Marseille (Bouches-du-Rhône) en 1921 venant d’Odessa. Il obtint un permis de séjour au titre de « Réfugié russe ». Il demeurait depuis le 1er avril 1927 au 27 rue de Paris (Gabriel-Péri), à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis). Le 16 mai 1933, il se rendit à l’ambassade soviétique, demanda à devenir « citoyen soviétique », ce qui lui fut accordé. Il se mit en règle, une carte d’identité lui fut délivrée par la préfecture de police le 9 octobre 1937, valable jusqu’au 16 mai 1940.
Les services des Renseignements généraux le présentaient en 1930, comme « membre des Amis de l’Union soviétique (AUS) » et « sympathisant communiste ». Paul Andreitchouk aurait effectué des démarches pour retourner en Union soviétique, mais il ne fut jamais vu dans des réunions publiques du Parti communiste à Saint-Denis. Le désir de rentrer en Russie était très fort chez de nombreux émigrés russes, et adhérer aux AUS pouvait, dans l’esprit de Paul Andreitchouk, faciliter son retour dans la mère patrie.
En 1939, sans travail, Paul Andreitchouk s’inscrivit au chômage. Début août 1941, il travaillait comme manœuvre à l’aérodrome de Creil (Oise) pour la société allemande Hand Friedrich Baustel. Pour se rendre à son travail, les autorités allemandes lui délivrèrent un Ausweis (laissez-passer). Il fut arrêté le 2 août 1941 à 22 heures à son domicile par des policiers du commissariat de Saint-Denis, interné au camp des Tourelles à Paris (XXe arr.) le 27 août 1941, puis au camp de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) réservé aux Juifs. Destination surprenante, puisque rien n’indiquait dans son dossier qu’il était juif et qu’une entreprise allemande n’aurait jamais embauché un Juif. Une note en date du 28 août 1941 de la 3e section des Renseignements généraux indiquait : « devra être conduit au camp de Compiègne lors du prochain convoi ». Paul Andreitchouk, transféré le 14 décembre dans une prison, fut passé par les armes le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien.
Sources

SOURCES : Arch. PPo, BA 2439, KB 95, 77W, 16. – Arch. mun. Saint-Denis. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – Louis Sadosky, brigadier-c/hef des RG, Berlin 1942, CNRS Éd., 2009. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC.

Daniel Grason

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