Né le 4 juillet 1913 à Menton (Alpes-Maritimes), mort sous la torture le 10 juillet 1944 à Lyon (Rhône) ; entré à l’École polytechnique en 1933, où il créa la première cellule communiste ; engagé dans la Résistance en 1941, il fut à l’origine de l’Union des Cadres industriels de la France Combattante.

Max Barel est né du premier mariage de Virgile Barel avec Françoise Scrivano ; ses parents avaient un poste double d’instituteurs à Castellar, village au-dessus de Menton ; ils se séparèrent après la guerre : à partir de 1920, le père garda Max à Menton, tandis que la mère, nommée à Valdeblore, garda Guy, né en 1917. Max fit ses études secondaires au collège de Menton et des voyages de vacances en Allemagne (1927 et 1928), puis, après des vacances en Angleterre en 1929, il suivit les cours de mathématiques élémentaires au lycée de Nice (Alpes-Maritimes). Il s’inscrivit aux Jeunesses communistes et à l’Union sportive ouvrière niçoise. Reçu au baccalauréat, il fut inscrit comme interne en mathématiques spéciales au lycée Saint-Louis, à Paris, en octobre 1931 ; aux vacances de 1932, il participa à un camp à Bar-sur-Loup et fit l’objet d’une note des Renseignements généraux des Alpes-Maritimes.
À Saint-Louis, Max Barel anima un groupe de l’Union fédérale des étudiants que fréquentait Albert Soboul ; il y lut et fit lire l’Humanité, Vendredi, Marianne, la Lumière, et les livres de la bibliothèque de Marcel Cachin, ami de son père. Il anima aussi des « cercles d’études de lycéens » dans des cafés de la rue Vaneau et de la rue Saint-Jacques, où il fit venir Paul Vaillant-Couturier et Francis Jourdain. Reçu à Polytechnique et aux Mines en 1933, il participa au Groupe polytechnique d’études collectivistes (GPEC) animé par Claude Beaurepaire, militant socialiste, et il y côtoya François Moch (frère de Jules Moch), Schmit et Jacques Hamelin.
Le 9 février 1934, Max Barel fit le mur pour rejoindre la manifestation antifasciste et fut arrêté, puis relâché. Il fit un stage en août 1934 comme conducteur de locomotive sur la ligne Paris-Nord. Il participa aux manifestations du Front populaire en 1935-1936 et était considéré comme « le communiste » de l’École polytechnique. Marcel Cachin parle des « onze adhérents de la cellule qu’il avait fondée en pleine École » et où Marcel Cachin, Paul Vaillant-Couturier, Jacques Solomon et Georges Cogniot venaient participer à des débats.
Le 13 août 1935, Max Barel épousa à Nice Yvette Seyfarth. Le couple s’installa à Fontainebleau (Seine-et-Marne), où Max entra pour deux ans à l’École d’application d’Artillerie ; il s’y imposa pour règle de ne jamais laisser transparaître ses opinions politiques. Pendant ses vacances à Nice, il aida les républicains espagnols. En septembre 1937, naquit sa fille, Annette. Il fut nommé sous-lieutenant au 6e Régiment d’artillerie de Lyon. Le 25 juin 1939, il eut un second enfant, Jean. Pendant l’été 1939, il écrivit à la demande de Georges Cogniot un article, anonyme, sur les chars de combat, pour le no 2 de La Pensée, qu’il acheva sur une phrase d’Engels : « L’essentiel, ce sont de bons officiers et la confiance des hommes dans les officiers. »
Affecté comme lieutenant au 55e RAD d’Orléans (Loiret), Max Barel fut troublé par le Pacte germano-soviétique (« Je n’y comprends rien... quelque chose m’échappe ») mais concluait : « Il est impossible que l’URSS transige avec le fascisme. Je ne puis croire que nous ne finissions pas par nous retrouver, elle et nous, dans le même camp. » Pendant une permission, le 27 avril 1940, il alla voir son père, emprisonné comme député communiste à la Santé. Il partit au front en mai 1940, gagna la Croix de guerre, fut fait prisonnier près de Châtel-Gérard le 18 juin 1940, s’évada le 19, fut repris le 22 et libéré le 23 ; il se cacha à Lyon, où il fut affecté à l’état-major de l’Artillerie le 10 juillet, puis à Grenoble (Isère), où il retrouva le capitaine Schmit.
Mis en « congé d’armistice », Max Barel entra à l’Institut électrotechnique de Grenoble, dont il devait sortir premier en juillet 1941. Ingénieur aux Ateliers et Constructions électriques de Delle, à Villeurbanne (Rhône), il fut affecté au service de recherches et d’essais. Dès avant mai 1941, il était entré dans la Résistance, où il travaillait, sous la direction de Georges Marrane, à l’organisation de la Zone sud, en liaison avec Michel Pontremoli ; il fut à l’origine de l’Union des cadres industriels de la France combattante (UCIFC) ; il garda le contact avec le capitaine Schmit, revenu d’AOF, qui entra lui-même dans la Résistance, dans l’Oise, en 1943. Nommé en octobre 1943 chef de plateforme de contrôle et de réglage, puis en novembre 1943 adjoint à la direction des fabrications, il s’occupa de fabrication de matériel de sabotage et d’organisation des sabotages industriels.
À Pâques 1944, recherché par la police, Max Barel dut entrer dans la clandestinité ; le 6 juillet, il fut arrêté par la Gestapo en gare de Lyon-Perrache et conduit dans les locaux de la Gestapo, place Bellecour. Selon l’un de ses compagnons de prison, il « fut torturé de toutes les façons possibles [...] tenta de se suicider de différentes façons [...] il fut mis dans une baignoire et arrosé à l’eau bouillante. [...] Ceci a été fait par l’Obersturmführer Barbie. » Il mourut dans les locaux de la Gestapo après cinq nuits et quatre jours d’interrogatoire.
Sources

SOURCES : Janine Portal, Max Barel, Éd. de la Colombe blanche, Nice, s. d. (1951 ?), 44 p. – Charles-Marie Cardon, La courte vie, la longue mort de Max Barel, héros de France, Paris, Éd. Sociales, 1973 (préface de Georges Cogniot). – Notes manuscrites de Jean Maitron.

Michel Launay

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