Né le 19 avril 1899 à Tomaszow Mazowiecki, région de Lodz (Pologne), fusillé comme otage le 21 février 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de Seine) ; tailleur ; communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; résistant de la Main-d’œuvre immigrée.

Né dans une famille juive de Pologne, Szmul Balbin travailla très jeune comme tailleur à Lodz et milita syndicalement. En 1918, il partit en Allemagne puis aux États-Unis. Après la crise de 1929, il regagna l’Europe. Il s’installa en 1932 à Nancy. Il y créa des organisations populaires juives et diffusa La Presse nouvelle. En 1936, il s’engagea dans les Brigades internationales pour défendre la République espagnole. Il rentra en France après la défaite de l’armée républicaine et vivait 72 rue Charlot à Paris (IIIe arr.). Il participa à l’activité communiste clandestine. Arrêté dans une rafle le 21 août 1941, dépourvu d’Ausweis, il fut interné au camp de Drancy réservé aux Juifs.
Dans la nuit du 5 au 6 février 1942, une sentinelle allemande fut très grièvement blessée à Tours (Indre-et-Loire), et mourut le 9 avril 1942. En représailles, les Allemands décidèrent de fusiller et de déporter cinquante otages (quarante militants communistes et dix Juifs). Les occupants désignèrent quatorze otages dont Szmul Balbin à exécuter au Mont-Valérien. Il fut passé par les armes le 21 février 1942 à 11 h 20, et son corps fut inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).
Selon David Diamant, il laissa une dernière lettre à sa famille dans laquelle il écrivit : « Ne me pleurez pas. Je continue la voie que des milliers de camarades ont tracée avant moi en luttant pour la liberté et je sens que nous continuerons jusqu’à la victoire finale. »
Un « Avis » des autorités d’occupation publié dans L’Ouest-Éclair du 23 février 1942 se fit l’écho de la fusillade : « Le 5 février 1942, un individu inconnu a tiré sur un membre de l’armée allemande à Tours et l’a blessé mortellement. En raison de cet acte, des personnes qui s’étaient livrées à des actes anti-allemands ont été passées par les armes. »
Brigadistes fusillés pendant l’Occupation
http://chs.huma-num.fr/exhibits/sho...


L’abbé Franz Stock évoque des 13 juifs exécutés le 21 février 1942 dans son Journal de guerre :
« Samedi 21.2.42
14 exécutions.
Venu me prendre à 8h pour le Cherche-Midi, 14 otages doivent être exécutés à 11 heures : 13 juifs, d’origine germano-polonaises, du camp de Drancy ; un Français de la Santé.
....
Un jeune juif me dit : "Ils peuvent bien nous tuer mais d’autres se lèveront, il est impossible d’exterminer la race juive." Certains juifs étaient pieux, récitaient des psaumes, l’un s’est entouré de son châle de prière en soie, il voulait être enterré avec. Question : aucun rabbin ne vient ?Les 14 doivent être enterrés lundi seulement. Le seront à Ivry. »
Sources

SOURCES : DAVCC, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – David Diamant, Combattants, héros et martyrs de la Résistance, Éd. Renouveau, 1984. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit.L’Ouest-Éclair, 23 février 1942. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC. — Franz Stock, Journal de guerre. Écrits inédits de l’aumônier du Mont Valérien, Cerf, 2017, p. 66.

Daniel Grason

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