Né le 11 juin 1922 à Ham-en-Artois (Pas-de-Calais), fusillé le 23 février 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; comptable ; résistant de Béthune membre du réseau du Musée de l’Homme.

Fils de Juliette Deroite, ménagère, et de Émile Sénéchal, ouvrier d’usine, qui gravement blessé pendant la guerre mourut des suites de ses blessures. René Sénéchal comptable chez un commerçant de Béthune est indiqué comme domicilié à Paris, comptable dans le XIXe arrondissement dans son dossier DAVCC.
A Béthune, Sylvette Leleu et Jules Andrieu organisèrent un groupe de résistance auquel le jeune René Sénéchal, âgé de dix-huit ans et surnommé « le gosse », se joignit.Il devint agent de liaison en contact avec le groupe de Boris Vildé, Anatole Levistsky et Yvonne Oddon, le réseau du Musée de l’Homme mis en place dès l’été 1940. Agent de renseignement et de propagande,il faisait également passer clandestinement la ligne de démarcation à des militaires en fuite et des aviateurs britanniques.
À la suite de la dénonciation d’un agent double, Robert Gaveau, à partir de janvier 1941, une série d’arrestations démantelèrent le réseau. René Sénéchal fut arrêté le 18 mars 1941 à Paris par l’Abwehr, pour « espionnage et intelligence avec l’ennemi ».
Incarcéré à la prison du Cherche Midi à Paris puis à Fresnes (Seine, Val-de-Marne), à l’issue du procès des dix-neuf membres du réseau, il fut condamné à mort avec neuf autres résistants, le 17 février 1942, par le tribunal de la Kommandantur du Gross Paris siégeant à Fresnes.
René Sénéchal a été fusillé le 23 février 1942 au Mont-Valérien par les autorités allemandes avec six camarades. (Voir Boris Vildé.)
René Sénéchal a été inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).
En 1943, Aragon dans Le crime contre l’esprit écrivit évoquant René Sénéchal : « Le père de l’étudiant Sénéchal, blessé gravement pendant la guerre de 1914-1918, était mort de ses blessures [...] Son fils , comme lui, devait partir du plomb allemand. Ainsi se fonde, d’une génération à l’autre, la tradition française ».
René Sénéchal a été reconnu Mort pour la France.
Son nom est inscrit à Créteil (Val-de-Marne) sur le Mémorial de la prison du Cherche-Midi et à Suresnes sur Monument commémoratif cloche au Mont-Valérien.


L’abbé Franz Stock l’évoque dans son Journal de guerre :
« Lundi 23.2.42
7 exécutions
Matin, réunion à 9 h 30 chez l’aumônier général. Puis catéchisme à l’école allemande jusqu’à 1 heure. Venu me chercher en voiture pour Fresnes : 7 condamnés à mort, aucun gracié, bien que 3 femmes aient été condamnées dans la même affaire, la réponse de Berlin (quartier général du Führer) n’a pas été attendue. Recours en grâce rejetés. ¨Parmi ces 7 un Juif, du nom de Nordmann, 2 orthodoxes - Vildé et Lewitsky. Les autres catholiques. Sénéchal 19 ans. Tous les 4 se confessèrent et communièrent avant - Wallter, Ithier et Andrieu, Sénéchal. Lewitsky demanda également mon assistance, pria, se repentit, lui donnai l’absolution. Vildé était certes croyant, mais de façon plus abstraite, mystique, un formidable personnage , au reste, mélancolie slave et pourtant très spirituel. Nous quittâmes ensemble Fresnes vers 3 h 45, verglas, froid, etc. Les 7 avaient bon moral, beaucoup d’humour, se réjouirent tous que je fusse du voyage. Me remercièrent pour ce que j’ai fait pour eux. Même le jeune Sénéchal était brave. Andrieu, invalide de guerre à 100% demanda qu’on ne lui bandât pas les yeux, ce qui lui fut accordé. "Dites à ma femme et à mes enfants que j’ai regardé la mort droit dans les yeux ". Je lui tendis encore un fois la photographie de sa fille et de son fils. Il la baisa, fit le signe de croix et voilà, 4 furent fusillés ensemble : Sénéchal, Andrieu, Nordmann, Ithier, puis les trois derniers : Walter, Lewitsky, Vildé. Vildé refusa d’avoir les yeux bandés. Walter et Sénéchal avaient souvent communié pendant leur détention. Ithier fit une bonne confession générale, reçut la communion avec une saine vénération. Andrieu pareillement. Je les ai enterrés tous les 7 au cimetière d’Ivry, à 6 h 30 du soir. »
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, Boîte 5 / B VIII 3 (Notes Thomas Pouty). – Site SGA ministère de la Défense. – Julien Blanc Au commencement de la Résistance Du côté du musée de l’Homme 1940-1941, Seuil 2010 . — État civil.

Julien Lucchini, Annie Pennetier

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