Né le 4 mars 1921 à Woonsocket (Rhode Island, États-Unis), fusillé comme otage le 22 octobre 1941 au terrain militaire du Bêle à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; employé de commerce ; résistant gaulliste.

Tombe au cimetière militaire de la Chauvinière à Nantes
Cliché AP-CP
Né au États-Unis d’un père d’origine belge, employé de commerce vivant à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), Jean Platiau était célibataire.Sur la liste des nantais fusillés, établie par la préfecture en 1945, il est dit domicilié 154 rue Paul Bellamy à Nantes.
Résistant gaulliste, il semble, selon les travaux de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, qu’il ait été un agent double, infiltré dans l’Abwehr, mais dont les archives de la justice militaire du Blanc concernant la procédure menée contre Otto von Stülpnagel indiquent qu’il aurait, avec Victor Saunier, « fourni de faux renseignements en tant qu’informateurs et étaient fortement suspectés de travailler pour le SR adverse ».
Arrêté pour « action en faveur de l’ennemi » le 22 novembre 1940 à Nantes par l’Abwehr, il fut incarcéré à la prison d’Angers (Maine-et-Loire), puis transféré à la prison des Rochettes de Nantes le 22 octobre 1941. En effet, désigné comme otage, il y a été fusillé le jour même par les autorités allemandes, au terrain du Bêle, en représailles à l’exécution par des résistants du lieutenant-colonel Karl Hotz, responsable des troupes d’occupation en Loire-Inférieure. Le même jour et pour la même raison, vingt-sept internés furent exécutés à Châteaubriant, seize à Nantes et cinq au Mont-Valérien.
Son nom figure sur plusieurs plaques commémoratives de la ville de Nantes, où il repose au carré militaire du cimetière de la Chauvinière.
Il avait écrit une dernière lettre
Ma chere Maman,
Ma Maman cherie,
On vient de venir me chercher pour m’amener-Je ne sais ou- Je vous embrasse de tout coeur. Des que je serai arrive a ma nouvelle prison, je vous ecrirai.
Votre fis qui vous aime tant.
Jean Platiau
J’embrasse ma Maman cherie, Riri, Victor, Leo, Grand’pere et Marraine.
On vient de me dire que je vais etre fusille. Je meurs avec courage, sans peur. Nos nous reverrons un jour.
Maman, je t’en supplie, sois courageuse ne pleure pas. Que les petits freres te rendent heureuse. C’est mon dernier voeu. Je crois en une autre vie et continuerai de vous aimer. Je vous aiderai de toutes mes forces."
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – J.-M. Berlière, F. Liaigre, Le Sang des communistes, op. cit. – Mémorial GenWeb. — Renseignements communiqués par Charles Platiau.

Julien Lucchini

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