Né le 7 janvier 1920 à Calais (Pas-de-Calais), pendu après condamnation le 3 mars 1944 au fort de Breendonk en Belgique ; résistant communiste.

Émile Alain
Né dans une famille ouvrière, Émile Alain exerça la profession de chauffeur. Requis en 1941 pour travailler en Allemagne, Émile Alain décida de ne pas répondre à la convocation et de partager l’existence clandestine des FTP. Avant la guerre, il avait adhéré aux Jeunesses communistes. Il rejoignit le Parti communiste et son Organisation spéciale (OS) qu’animait Auguste Langlet. Après la mort de celui-ci, Émile Alain devint le responsable du secteur côtier des FTP (Calais, Boulogne-sur-Mer et Berck-sur-Mer). Sous le nom de guerre de Marcel Dupont, avec le détachement 2402 Félix Cadras, il se livra à une quantité d’actions de sabotage, deux cent soixante d’après Jean-Marie Fossier. Il opéra dans la seule région de Boulogne-sur-Mer. Après l’exécution de Henry Gross, apôtre de la collaboration franco-allemande, et secrétaire de la rédaction du Télégramme, journal de Boulogne-sur-mer, la brigade antiterroriste de Lille envoya sur Boulogne-sur-Mer et sa région, un commissaire et seize inspecteurs qui ratissaient le secteur. Ils recueillirent des indices qu’ils eurent la maladresse d’évoquer dans le cabinet du juge d’instruction. Or le greffier Édouard Popelier, témoin de la conversation, faisait partie du Front national. Les patriotes furent aussitôt prévenus. Les policiers firent chou blanc. Émile Alain se réfugia avec d’autres patriotes à Lille. Il fut livré à la Gestapo avec huit de ses camarades par un agent de l’Abwehr et arrêté le 29 décembre 1943.
Le 14 février 1944, Émile Alain fut condamné à mort ainsi que huit de ses camarades. Il fut pendu le 3 mars 1944 au fort de Breendonk en Belgique et inhumé au cimetière de Schaarbeek. Son corps fut ramené à Calais et des obsèques solennelles eurent lieu le 22 octobre 1949 à Calais. Il fut décoré de la Légion d’honneur à titre posthume, le grade de lieutenant lui étant également décerné.
Sources

SOURCES : DAVCC, CAEN. – Arch. Dép. Pas-de-Calais à Dainville (31w12). – Robert Chaussois, Calais au pied du mur (mars 1943 - janvier 1944), Calais au bout du tunnel (février - août 1944), SA imprimerie centrale de l’Ouest, La Roche-sur-Yon. – J.-M. Fossier, Zone interdite, op. cit. – État civil.

René Vandenkoornhuyse

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