Né le 21 février 1911 à Paris (XIIe arr.), tué au combat le 22 août 1944 à Paris ; facteur des postes, gardien de la paix ; F.F.I.

Fils de Charles, Joseph Delobelle, démolisseur, et de Marie Prugnieaux, ménagère, André Delobelle, alla à l’école primaire il obtint le CEP. D’une famille de six enfants, il demeura chez ses parents jusqu’en 1933, notamment 2 rue Alice à Montreuil-sous-Bois (Seine, Seine-Saint-Denis). Incorporé le 22 avril 1932 au 150e Régiment d’infanterie à Verdun (Meuse), il fut réformé temporaire le 18 mai 1932, puis définitivement le 21 juin 1934, mais reclassé « service armé » par la même commission de réforme de la Seine le 18 décembre 1939. Incorporé le 15 avril 1940 au 134e Régiment d’infanterie, il a été démobilisé provisoirement le 30 juillet 1940 et d’une façon définitive le 29 mai 1942 par la Gendarmerie Paris Exelmans le 29 mai 1942. Il passa avec succès les permis moto et automobile.
Il s’était marié le 14 septembre 1929 à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis) avec Marcelle Lléonard, dont il divorça et épousa en seconde noces, Germaine, Marie, Louise Apenin le 15 avril 1933 toujours à Saint-Denis. Le couple habita 236 avenue du Président Wilson à la Plaine Saint-Denis jusqu’en 1937, puis au 32 rue Rodier à Paris (IXe arr.). André Delobelle débuta le 15 décembre 1925 dans la vie active comme télégraphiste aux P.T.T., puis releveur cycliste de 1927 à 1932 à la poste de la rue de Clignancourt (XVIIIe arr.). Muté en 1933 au Bureau central de la rue Hippolyte-Lebas (IXe arr.), devenu facteur il fut titularisé en le 31 juillet 1936.
André Delobelle postula en octobre et décembre 1942 un emploi de gardien de la paix auprès de la préfecture de police. Il commença le 1er mai 1943, fut affecté au commissariat du IXe arrondissement de Paris, il formula le souhait de progresser, devenir gradé.
Le 22 août 1944 vers 15 heures 45, il fut chargé d’aller appréhender rue Balzac (VIIIe arr.) des personnes ayant collaborés ouvertement avec des Autorités allemandes, il était en compagnie d’un brigadier, tous les deux étaient revêtus de l’uniforme de la police parisienne. Arrivé au rond-point des Champs-Élysées, un soldat allemand fit signe d’arrêter… l’automobile continua son chemin. Un véhicule militaire allemand rattrapa les policiers rue de Washington et mitrailla. Delobelle fut touché, le brigadier réussissait à se réfugier dans un immeuble. Selon des témoins, André Delobelle a été sorti de l’automobile, un soldat allemand lui tira une balle dans la tête laissant son corps devant le 12 rue de Washington.
Des secouristes de la Croix-Rouge emmenèrent son corps à l’hôpital Marmottan (XVIIe arr.). Ses obsèques eurent lieu le 26 août 1944 au cimetière parisien de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis). Père d’une petite fille de dix-huit mois la préfecture de police nomma un tuteur. Son nom figure sur le monument aux morts du IXe arrondissement. Une plaque fut apposée rue de Washington lui rendant hommage : « Ici a été tué le 22 août 1944 le gardien de la paix André Delobelle lors des combats pour la Libération de Paris ».
Déclaré « Victime du devoir », André Delobelle a été cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), décoré de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945), et nommé brigadier à la date du 22 août 1944. Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France », il fut homologué F.F.I.
Sources

SOURCES : Arch. PPo. KC 10. – SHD, Caen AC 21 P 116062. – Bureau Résistance : GR 16 P 171292. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – « Au cœur de la Préfecture de Police de la Résistance à la Libération », Sous la dir. de Luc Rudolph, Directeur honoraire des services actifs, Éd. LBM, 2009. – Site internet GenWeb. — État civil.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

Daniel Grason

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