Née le 20 juin 1912 à Gillois (Jura), morte par suicide le 13 juin 1944 à Lyon (Rhône) pour échapper à la torture ; professeur de philosophie ; militante communiste, secrétaire de la région communiste du Calvados.

Fille de François Just Buffard, instituteur et de Jeanne Rougier, institutrice, Marguerire Buffard découvrit la philosophie au lycée de Lons-le-Saunier avec Jean Lacroix, alors jeune professeur. Élève de l’École normale supérieure de Sèvres depuis 1932, elle y prit la tête du mouvement Esprit puis du groupe Vigilance antifasciste. Son titre de "cacique", major de sa promotion, lui valut d’être délégué de ses camarades pour la remise d’un protestation au ministère de l’Intérieur. Marguerite Buffard adhéra au Parti communiste en 1935 à Colmar où elle avait été nommée. Propagandiste "femme" pour le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, elle écrivit des articles dans l’Humanité de Strasbourg. Elle noua en Alsace des amitiés durables, par exemple avec Chales Aschbacher.
À la rentrée 1937, elle fut nommée au lycée Malherbe, à Caen (Calvados). Bien qu’encore peu expérimentée, elle succéda fin 1937 à Gaston Gandon à la tête de la région communiste du Calvados. Femme énergique, voire autoritaire, Marguerite Buffard dirigea une fédération en pleine expansion qui comptait alors 1 300 adhérents, répartis en 38 cellules locales et 8 cellules d’entreprises et écrivit dans Le Calvados, jouranlde la région communiste. Son activité inquiétait le préfet qui, s’il lui reconnaissait « un certain talent de parole » et jugeait ses discours « clairs et humoristiques » écrivit néanmoins à son sujet au ministre de l’Intérieur : « C’est un élément extrêmement convaincu et actif. Il est incontestable que depuis son arrivée dans le Calvados, elle a donné un élan véritable au développement de la SFIC. Elle essaie de continuer une agitation que j’estime très nuisible. Il convient d’envisager pour elle un déplacement d’office, sa présence dans le Calvados étant absolument inacceptable ». Elle était secrétaire du comité départemental d’aide aux réfugiés espagnols du Calvados.
À l’automne 1938, Marguerite Buffard multiplia les interventions dans des meetings pour fustiger les accords de Munich. À la suite de l’échec de la grève du 30 novembre, dont elle avait été l’une des instigatrices dans le Calvados, elle fut d’abord suspendue puis mutée à Troyes (Aube) sur ordre du ministère. Elle habitait à Voué (Aube) au début de la guerre.
Le 12 août 1939, elle épousa le militant communiste Jean Flavien, petit agriculteur de l’Aube, responsable de la région communiste, deux semaines avant qu’il ne soit mobilisé. En décembre de la même année, elle fut à nouveau suspendue par le gouvernement Daladier et travailla alors dans comme ouvrière dans une bonneterie et dans l’exploitation familiale. En janvier 1940, elle fut exclue du Parti communiste. Les raisons ne seront précisées qu’en 1944 : "a été suspendue écartée du Parti pendant la guerre [...] extrême gauchiste, sectarisme tendance trotskiste". Elle fut réintégrée à titre posthume du fait de sa conduite héroïque.
Alors que son mari était prisonnier de guerre, elle fut arrêtée une première fois par les autorités de Vichy et internée à Dijon en mai 1940. Elle s’évada à la faveur de la débâcle et retourna dans la ferme familiale. Paul Langevin qu’elle avait connu à l’ENS, entra en contact avec elle lors de son assignation à résidence à Troyes. Arrêtée le 25 septembre 1942, elle fut internée au camp de La Lande le 5 octobre où elle participe au mouvements revendicatifs des internées, puis au camp de Mérignac en août 1943, d’où elle s’évada en décembre. Elle gagna Paris et rejoignit en mars les FTP.
Elle fit partie de l’état-major des FTPF de la région lyonnaise dont elle dirigea le bureau de renseignement (Service B). De nouveau arrêtée par la Milice à Lyon (Rhône), Marguerite Buffard se suicida le 15 juin 1944 en se jetant du troisième étage pour éviter de parler sous la torture. Elle fut transférée à l’hôpital Georges Herriot où elle mourut à trente-deux ans. Une plaque apposée 10 rue Sainte Hélène, où elle habita, à Lyon, rappelle son sacrifice. En 1947, il y avait, à Lyon, un dispensaire Marguerite Favien géré par l’Union des femmes françaises.
Sources

SOURCES : RGASPI, 495 270 2730. — Arch. Dép. du Calvados, M 9136. — Bertrand Hamelin, Le Parti communiste dans le Calvados, des origines à 1946, mémoire de maîtrise, université de Caen, 1994. — La Voix du peuple, quotidien du PCF à Lyon, 12 juin 1945. — État civil de Gillois (mention Mort pour la France attribuée le 9 mars 1945, FFI). — Christian Langeois, Marguerite. Biographie de Marguerite Buffard-Flavien (1912-1944), Le Cherche Midi, 2009. — Notes d’Alain Dalançon.

Christian Langeois, René Lemarquis, Jean Quellien

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