Né le 31 décembre 1902 à Paris (XIIe arr.), fusillé le 21 septembre 1942 comme otage au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; trempeur ; militant communiste ; maire de Sevran en 1939.

Gaston Bussière
Orphelin de mère à l’âge de deux ans, Gaston Bussière fut élevé à Lignières (Cher) par sa grand-mère paternelle. Il travailla chez une tante dans une ferme jusqu’à l’âge de dix-sept ans puis se fit embaucher comme poseur de rail. Libéré des obligations militaires en mars 1924, Bussière entra à l’usine Hotchkiss de Saint-Denis (Seine) en qualité de « trempeur ». Il y connut ses premières activités syndicales et, en septembre de la même année il épousa Suzanne Petit-Jean avec qui il vécut à Livry-Gargan (Seine-et-Oise). Un an plus tard naquit un fils prénommé Robert. La cellule de Livry-Gargan reçut son adhésion en 1928. Il s’installa à Sevran en 1932. Secrétaire de la cellule puis de la section, il entra au conseil municipal en mai 1935 avant de devenir maire le 12 février 1939 après la mort de Louis Fernet. La conférence régionale Paris-Nord de 1937 l’avait porté à son comité régional et délégué au congrès d’Arles (décembre 1937).
Mobilisé le 23 septembre 1939, libéré le 25 mai 1940, il prit contact avec Étienne Fajon et Hérras en juin, quitta Sevran (Seine-et-Oise) en juillet et se cacha dans l’Aisne. À Paris (IXe arr.) en 1941, il s’occupa de l’édition de l’Humanité clandestine et participa au Front national. Il était commandant militaire des régions P1 et P2 de la région parisienne. La police l’arrêta dans la nuit du 18 au 19 juin 1942, chez un cousin, à Villeneuve-Saint-Georges, porteur d’une fausse carte d’identité au nom de Sabathier. Gardé une dizaine de jours au Quai de l’Horloge, puis transféré au fort de Romainville, il mourut fusillé par les Allemands, comme otage en représailles à l’attentat du cinéma Rex, au Mont-Valérien (Suresnes) le 21 septembre 1942 et fut incinéré au Père-Lachaise avec les 46 otages, selon le Journal de Franz Stock.
Son épouse habitait toujours à Sevran dans les années 1980.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII dossier 6 (Notes Thomas Pouty). – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit., p. 201. – Renseignements fournis par la mairie de Sevran le 23 décembre 1980. – Louis Blésy, La Résistance à Sevran, municipalité et ANACR, 1989. – Notes d’Auguste Gillot.

Claude Pennetier

Version imprimable de cet article Version imprimable