Les 24 et 25 août 1944 trois FFI de Dieppe furent arrêtés par la Feldgendarmerie, assistée par des miliciens français. Les trois hommes furent torturés puis exécutés sommairement par les miliciens en forêt de Croixdalle, canton de Londinière (Seine-Inférieure, Seine-Maritime).

Croixdalle par Londinière (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) 24 et 25 août 1944.
Croixdalle est situé dans le canton de Londinière, arrondissement de Dieppe, dans le Pays de Bray. Les 24 et 25 août 1944, trois FFI de Dieppe, toute proche, furent arrêtés par des Allemands et torturés et exécutés par des miliciens français qui jouèrent leur exécution à pile ou face (extrait de Familles de Fusillés).
Extraits du journal de Dieppe libéré (Les Informations Dieppoises) (septembre 1944) :
Le 9 septembre 1944, inhumation de trois FFI (massacrés les 24 et 25 août 44 par les nazis),
FIX-ROISSARD Georges de Dieppe, 40 ans.
CORDIER Gaston, de Meulers, 24 ans.
DUBOIS Pierre de Paris, 20 ans.
Ils furent arrêtés par la Feldgendarmerie, accompagnée de miliciens à la solde de la Gestapo, résidant au château de Bailleul-Neuville, près de Londinières. Ils furent affreusement torturés.

Extrait du discours de Biez, le maire de Dieppe. Il est impossible d’imaginer le traitement qui fut infligé à nos trois camarades. Les brutes qui les avaient arrêtés s’acharnèrent sur eux sauvagement. Ils voulaient essayer d’obtenir des aveux, et aussi des renseignements sur l’activité des organisations de la Résistance, ainsi que la liste de ses membres.
Courageusement Cordier, Fix et Dubois subirent toutes les atrocités dont ils étaient l’objet, mais sans jamais livrer le moindre renseignement
Alors la fureur de leurs bourreaux ne connut plus de bornes et c’est un véritable martyre qu’ils durent endurer.
Le soir du 24 août, Georges FIX fut conduit par les miliciens dans la forêt de Londinières. Ils se livrèrent sur lui à des violences inouïes, se servant de tout ce qu’ils avaient sous la main pour frapper ; puis, lâchement, ils l’abattirent d’une rafale de mitraillette et abandonnèrent le corps sur place.
Le lendemain le même sort devait être réservé à Gaston Cordier et à Pierre Dubois, et les corps horriblement meurtris des trois malheureux ne furent découverts par leurs familles que le 7 septembre suivant.
Les obsèques des trois hommes se tinrent à l’église St Jacques de Dieppe le 9 septembre 1944, en présence d’une foule très nombreuse, et de toutes les autorités. Les cercueils étaient recouverts de magnifiques gerbes de fleurs, et étaient entourés par des FFI en armes qui montaient une garde d’honneur.

Dans la forêt de Croixdalle a été érigée une stèle en marbre noir qui mentionne Gaston Cordier et Pierre Dubois, deux FFI de Libération-Nord à l’endroit où leurs corps furent retrouvés. Le nom de Georges Fix-Roissard n’y est pas inscrit peut-être parce qu’il fut assassiné un jour avant ses deux camarades et en un autre endroit de la forêt de Londinière-Croixdalle.
FIX-ROISSARD Georges
CORDIER Gaston
DUBOIS Pierre
Sources

SOURCES : Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine-Maritime. 1940-1944. Edité par l’Association Départementale des Familles de Fusillés de la Résistance de Seine-Maritime. 1992. — Les Informations Dieppoises Le 9 ou le 29 septembre 1944 . — Memorial Genweb.

Version imprimable de cet article Version imprimable