Né le 17 janvier 1908 à Paulhac (Haute-Loire), exécuté sommairement le 22 juin 1944 à Plumelec (Morbihan) ; professeur de culture physique ; FFL-SAS.

Gaston Navailles
SOURCE  : Site FFL-SAS
Sur le monument aux morts 1939-1945 de Sérent
Sur le mémorial SAS de Plumelec
SOURCE  : Photos Husson
Le mémorial international des SAS à Sennecey-le-Grand
SOURCE : Site 22sas12.over-blog.com
Gaston Navailles était le fils de Jean Navailles, chef de chantier, et de Rosa Marie Françoise Le Hello, ménagère. Célibataire, il était domicilié à Neuilly-sur-Marne (Seine, Seine-Saint-Denis) où ses parents s’étaient installés en 1928. Champion de boxe poids lourds aux championnats de Paris en 1935 et 1936, il fut deux fois finalistes au championnat de France, et champion de catch au championnat de Paris en 1935.

Après avoir participé à la campagne de mai-juin 1940, Gaston Navailles tenta de rallier Gibraltar en juillet 1940, mais fut arrêté et incarcéré à la prison de Toulon. Arrêté à nouveau par les Allemands à Chalon-sur-Saône, il fut condamné à 6 mois de prison. En août 1941, il fut encore arrêté à Arles et condamné à 1 an de détention. Il finit par réussir à s’évader par l’Espagne, où il fut retenu plusieurs mois dans le camp de Miranda, et par rejoindre Londres où il s’engagea dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL) sous le matricule 36076. Sergent-chef affecté au 2e régiment de chasseurs parachutistes (2e RCP) ou 4e SAS (Special Air Service) du commandant Bourgoin. La mission des SAS était de saboter les voies de communication et de rassembler, équiper, former, encadrer les maquis bretons, avec pour objectif d’empêcher ou au moins de retarder le transfert vers le front de Normandie des troupes allemandes stationnées en Bretagne.
Le sergent-chef Gaston Navailles fut parachuté en Bretagne dans la nuit du 7 au 8 juin 1944 et rejoignit le camp de Saint-Marcel, où des centaines de maquisards appartenant aux Forces françaises de l’intérieur (FFI) et aux Francs-tireurs-et-partisans français (FTPF) étaient rassemblés, armés, et formés par les SAS, et qui fut attaqué en force par la Wehrmacht le 18 juin 1944. Après avoir livré combat durant toute la journée en infligeant de lourdes pertes aux troupes allemandes, parachutistes SAS et FFI-FTPF se replièrent en bon ordre et se dispersèrent.
Après cette dispersion, la Feldgendarmerie, la Wehrmacht appuyée par de nombreux détachements de soldats russes, géorgiens et ukrainiens rassemblés dans les « unités de l’Est », les agents de l’Abwher (service de renseignements de la Wehrmacht) et du SD (Sicherheitsdienst-Service de sécurité de la SS), ainsi que les agents français de la FAT 354 (Front Aufklärung Truppe) et les miliciens bretons du Bezen Perrot, se lancèrent dans une traque implacable des parachutistes SAS, des FFI-FTPF, de leurs dépôts d’armes, et de tous ceux qui les hébergeaient et les ravitaillaient. Rafles, arrestations, tortures, et exécutions sans jugement de SAS et de résistants, incendies de fermes, pillages et massacres de civils se multiplièrent dans tout le département du Morbihan.

Blessé au combat le 18 juin 1944, Gaston Navailles trouva refuge dans une maison abandonnée du village de Callac en Plumelec, au lieu-dit Vachegarde. Il y fut soigné clandestinement par Madame Devau, médecin à Sérent (Morbihan), et par Monsieur Coguic, préparateur en pharmacie. Le 22 juin 1944 dans l’après-midi, des soldats russes appartenant à une « unité de l’est » firent irruption et exécutèrent Gaston Navailles gisant sur sa paillasse.
Le décès de Gaston Navailles fut enregistré le 15 décembre 1944 en mairie de Sérent.
Il obtint la mention « Mort pour la France ».

Dans le Morbihan, le nom de Gaston Navailles est inscrit sur le monument aux morts 1939-1945 de Sérent, et sur le mémorial des parachutistes SAS de la France Libre érigé près du moulin de La Grée à Plumelec.
Dans les Landes, il figure sur le monument aux morts de Lévignacq, berceau de sa famille paternelle.
En Seine-Saint-Denis, où il fut inhumé en 1948 dans le cimetière communal (7e division emplacement 2052) et où une rue porte son nom depuis 1949, il est inscrit sur le monument aux morts.
En Saône-et-Loire, il est gravé sur le mémorial international des SAS à Sennecey-le-Grand.
Sources

SOURCES : AVCC, Caen, AC21P 106 470. — Arch. Mun. Neuilly-sur-Marne. — Docteur Devau, Jours d’épreuves dans le Morbihan, Vanves, 1944. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — Site Internet FFL-SAS (photo). — Mémorial GenWeb. — État civil, Paulhac (acte de naissance) ; Sérent (acte de décès).

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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