Né le 17 septembre 1922 à Saint-Amand-Montrond (Cher), exécuté sommairement le 22 août 1944 à Saint-Eloi (Creuse) ; instituteur ; résistant AS.

Il était le fils de Jean René Jolivard et de Jeanne Eugénie Guérin, domiciliés en 1944 à Guéret. Jeune instituteur à Saint-Dizier-Leyrenne, Creuse (il est inscrit sur le monument aux morts de cette commune et y était domicilié en 1944), marié avec Pierrette, Marcelle Parinet, il s’engagea dans la Résistance, à l’instar de plusieurs jeunes instituteurs creusois, rejoignant vraisemblablement l’Armée Secrète (AS). Il fut affecté à l’Etat-major FFI sous les ordres du commandant François, Albert Fossey, chef départemental des FFI de la Creuse. L’Etat-major installé au lieu-dit Bellesauves, commune de Janaillat à partir du 31 mai 1944, s’installa ensuite après le passage de la brigade Jesser, le 27 juillet 1944 à Mourioux-Vieilleville (Creuse), à quelques kilomètres à l’ouest de Saint-Dizier-Leyrenne. Dans cet État-major très complet et organisé militairement, Pierre Jolivard fut affecté au 1er bureau.
A la fin du mois d’août, et surtout après la reddition de Limoges le 20 août 1944, les forces allemandes et les miliciens qui les accompagnaient refluèrent pour rejoindre l’est de la France. L’un des principaux convois allemands à traverser la Creuse appartenait au 19ème SS Polizei qui avait refusé la reddition à Limoges. Il parvint à Guéret le 23 août 1944. Il fut suivi le 24 août par un important convoi de miliciens (près de 600 personnes, hommes, femmes et enfants avec tous leurs bagages) parti de Limoges dès le 15 août. Ces convois furent harcelés sans cesse sur leur itinéraire par les forces de la Résistance. Leur principal axe de repli suivait l’itinéraire Bourganeuf – Guéret – Montluçon, pour continuer ensuite en direction de Moulins (Allier). C’est sur cet axe, l’actuelle D 940 A, l’ancienne route principale de Bourganeuf à Guéret (RN 140), sur la commune de Saint-Eloi, au lieu-dit Le Massebrot, que fut tué Pierre Jolivard le 22 août 1944. Selon le récit de Marc Parrotin (Le temps du maquis, op. cit.p. 473) : « Ce soir-là, avant d’arriver à Guéret, les Allemands ou les miliciens ont fusillé, en bordure de la N. 140, près du Massebrot, le jeune FFI Pierre Jolivard qui se rendait à l’ancien PC de son unité pour y rechercher des documents… ».
Il obtint la mention mort pour la France le 3 octobre 1945 et son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saint-Dizier-Leyrenne. Il figure également (orthographié Jolivard René) sur le monument commémoratif de Combeauvert (commune de Thauron, Creuse) au titre des morts du canton de Pontarion (Creuse) ainsi que sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret (Creuse). Une stèle commémorative fut dressée après la guerre, au Massebrot, commune de Saint-Eloi, sur le lieu de son décès, sur la D 940 dans la direction de Guéret.
Sources

SOURCES : Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusois Ed. Verso 2000 — Mémoire des Hommes — Liste établie en 1945 par le Syndicat national des instituteurs « Hommage à ceux qui sont tombés », disponible sur le site de l’ANPNOGD, association nationale des pupilles de la nation, orphelins de guerre et du devoir — mémorial genweb — État civil, mairie de Saint Éloi.

Michel Thébault

Version imprimable